Gabon: 900 000 électeurs appelés aux urnes pour les élections législatives et locales

Au Gabon, plus de 900 000 électeurs sont appelés aux urnes ce samedi 27 septembre pour le premier tour des élections législatives et le tour unique des élections locales. À l'issue d'une campagne sobre et calme, les bureaux de vote sont ouverts de 7h à 18h locales. Les députés sont élus au scrutin uninominal à deux tours, les conseillers locaux au scrutin de liste à un tour. Moins de six mois après l'élection triomphale de Brice Clothaire Oligui Nguema à la présidence, avec près de 95% des voix et 70% de participation, le principal enjeu est de fixer les équilibres entre les forces politiques qui soutiennent le chef de l'État de manière quasi unanime.

En ce jour de vote, les électeurs ont répondu à l'appel des urnes à Libreville, comme en témoigne notre correspondant, Yves-Laurent Goma.

L'affluence ne faiblit pas, malgré un retard d'une petite heure observée à l'allumage, depuis 8h00 du matin, heure à laquelle le vote a bien démarré un peu partout dans la capitale. De longues files d'attente sont observées devant les bureaux de vote.

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Le travail est assez fastidieux pour le personnel. Il y a des dizaines de candidats, 18 000 dans tout le pays. L'électeur doit voter deux fois, d'abord pour le député et ensuite les conseillers municipaux. Donc il doit aller deux fois dans l'isoloir, ce qui ralenti un peu le rythme, mais tout se passe le calme.

Plusieurs observateurs rencontrés dans différents centres de vote n'ont signalé aucun incident majeur.

À Ntoum, par contre - ville située à une quarantaine de kilomètres de Libreville - le vote a été retardé dans le 1er arrondissement. Plusieurs candidats ont bloqué les urnes jusqu'à 13h00, estimant que le personnel de vote était issu d'un même parti. Un consensus a été trouvé. Le vote se poursuivra jusqu'à 21 heures.

Je veux que tout change. Tout doit changer. Il y a beaucoup d'enfants qui n'ont pas d'acte de naissance, il a beaucoup d'« enfants » qui n'ont pas de travail. Beaucoup sont au chômage.

Les bureaux de vote ferment à 18H00, heure locale, 17H00 TU

Le second tour des législatives est prévu le 11 octobre. Aux élections locales, 18 000 candidats sont en lice pour 3 078 sièges de conseillers municipaux ou départementaux.

800 candidats briguent les 145 sièges de la première Assemblée

Au Gabon, ils sont plus de 800 candidats à briguer les 145 sièges de la première assemblée de la Ve république. Dans ce nouveau régime hyper-présidentiel, les pouvoirs des députés sont limités. Ils ne peuvent pas renverser le gouvernement ou contraindre le chef de l'État à une cohabitation.

Les risques de conflit apparaissent néanmoins théoriques, tant la quasi-totalité des forces politiques se réclame de manière plus ou moins marquée du tombeur des Bongo. « L'Assemblée issue du scrutin sera un panel de nuances d'oliguisme », anticipe un acteur politique.

Reste à en connaître la teinte principale : Brice Clothaire Oligui Nguema a affirmé n'avoir « qu'un seul enfant : l'Union démocratique des bâtisseurs », ou encore « préférer son enfant à celui du voisin », mais le parti fondé début juillet doit faire face au PDG (le Parti démocratique gabonais). L'ex-parti au pouvoir demeure le plus structuré du pays. Ils sont en concurrence dans la quasi-totalité des circonscriptions.

Une donne différente pour l'opposition

De leur côté, les formations issues de l'ancienne opposition, comme l'Union nationale (UN) de Paulette Missambo ou le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) d'Alexandre Barro Chambrier chercheront à obtenir le plus de sièges possibles. De nombreux indépendants tenteront de jouer de cette concurrence interne pour « tirer les marrons du feu » explique l'un d'entre eux, qui dit avoir privilégié les enjeux locaux et une campagne de proximité, car « la population n'est pas prête pour une opposition frontale ».

Rare voix ouvertement critique, Alain-Claude Bilie-By-Nze présente quelques candidats. Il avait demandé un report pour dénoncer une organisation « baclée », la « restauration de la pensée unique » et un Parlement « godillot ».

Aux élections locales, 3 078 sièges de conseillers municipaux ou départementaux, selon les endroits, sont en jeu dans un scrutin de liste. On compte 18 000 candidats. Les exécutifs locaux seront élus de manière indirecte dans un second temps. De même que les sénateurs. Parmi les batailles à suivre, la mairie de Libreville que brigue l'avocat Anges-Kevin Nzigou à la tête de son propre parti. En cas d'égalité, un second tour est prévu le 11 octobre prochain.

Plusieurs grands duels à suivre

Notre correspondant à Libreville, Yves-Laurent Goma, rappelle les principaux duels à surveiller. Le plus grand se déroule à Ndéndé dans le sud du Gabon. Il oppose Mays Mouissi, ministre et actuel secrétaire général de l'Union démocratique des bâtisseurs (UDB), le parti fondé par Brice Clotaire Oligui Nguema à Yves Fernand Manfoumbi, ancien ministre et actuel vice-président du PDG, l'ancien parti au pouvoir. Tous les gabonais veulent savoir qui des deux l'emportera.

Dans le Haut Ogooué, l'actuel ministre de la Défense, Brigitte Onkanowa du parti présidentiel ferraille contre l'opposant Joël Ngoueneni, président du parti 7MP devenu également un proche du chef de l'État.

Dans le sud-est, Paulette Missambo, présidente de l'Union nationale et du Sénat de la transition rêve de rafler tous les sièges de la commune et du département de Mulundu. Nadia Cristelle Koye du parti présidentiel bataille fort pour lui barrer la route.

Le président de l'Assemblée nationale de la transition, Jean-François Ndongou fait face à Maryse Matsanga Mayila Issielmou du parti d'Oligui Nguema.

Quasiment tous les grands duels opposent les candidats de l'ancien parti au pouvoir à ceux du parti présidentiel. Oligui Nguema a averti ses partisans que la vérité des urnes ne sera jamais tronquée.

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