À un mois de la présidentielle, l'opposition dénonce une démocratie à deux vitesses. Recalée à deux reprises de la course nationale, l'ACT-Wazalendo, troisième force politique du pays, concentre désormais tous ses espoirs sur Zanzibar, archipel semi-autonome et dernier bastion où l'opposition peut encore faire campagne.
Après Tundu Lissu, président du Chadema, poursuivi en justice, c'est au candidat de l'ACT-Wazalendo, Luhaga Mpina, d'être recalé -- et ce malgré une décision de la Haute Cour en sa faveur. Ismail Jussa, porte-parole du parti, dénonce une manoeuvre politique. « La présidente Samia Suluhu Hassan et le candidat du CCM à la présidence de Zanzibar, Hussein Mwinyi, ont été nommés sans suivre les règles. Mais le nôtre, qui a respecté toutes les règles internes, s'est vu recalé. Nous y voyons une manoeuvre destinée à tuer l'opposition et à permettre au parti au pouvoir de gouverner seul, sans rendre de comptes. »
Historiquement, l'opposition a toujours été plus forte à Zanzibar que sur le reste de la Tanzanie. Elle y a souvent rivalisé de près avec le parti au pouvoir et a déjà participé à un gouvernement d'union nationale. Mais même là, prévient le chercheur Nicodemus Minde, l'opposition fait face à des obstacles. « La Constitution actuelle n'envisage pas un scénario où l'opposition pourra gagner, car le président de Zanzibar fait partie intégrante du cabinet de la République unie de Tanzanie. On n'imagine donc pas qu'il puisse venir de l'opposition. »
À ces contraintes s'ajoute un vote anticipé, la veille du scrutin du 29 octobre, réservé aux forces de sécurité et aux agents électoraux. L'opposition y voit une porte ouverte à la fraude. Dans une tribune publiée cette semaine, ACT-Wazalendo appelle la communauté internationale à surveiller de près l'élection à Zanzibar, seul lieu, selon elle, où « la volonté du peuple pourrait encore être respectée. »
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