Afrique de l'Ouest: Retrait du Burkina, Mali et Niger - Le procureur adjoint de la CPI déplore «une campagne très énergique» contre la Cour

Burkina Faso, Mali et Niger ont annoncé le 22 septembre 2025 leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI), dénonçant un « instrument de répression néocoloniale aux mains de l'impérialisme ». Une semaine plus tard, le procureur adjoint de la CPI affirme que l'instance basée à La Haye aux Pays-Bas n'a pas été notifiée de ce retrait, que pour être valide celui-ci doit être déposé à l'ONU et qu'il n'est effectif qu'un an après.

Le procureur adjoint de la Cour pénale internationale (CPI) a réagi à l'annonce du 22 septembre 2025 du Mali, du Burkina Faso et du Niger de leur retrait du traité fondateur la CPI. Il précise qu'il n'a pas reçu la notification officielle. Pour être valide, la demande de retrait doit officiellement être déposée à l'ONU et le retrait ne devient effectif qu'un an après ce dépôt.

« Nous sommes à un moment où il n'est plus permis de douter de la crédibilité de la Cour, mais à un moment où la Cour, justement, n'a jamais été aussi proche d'une forme d'universalité, insiste Mame Mandiaye Niang au micro de notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas. Je crois que justifier un retrait par rapport à une sorte d'aventure néocoloniale me semble un tout petit peu étrange. Puisque, justement, la Cour n'a jamais été aussi pertinente aujourd'hui un tout petit peu partout, la Cour se fait des ennemis puissants. Et, à ce titre, il y a toute une campagne très énergique qui est menée - parce qu'on reçoit des coupures de presse tendant à faire peur, par exemple, que ce soit au Mali ou même dans des pays de non-situation comme le Burkina ou le Niger. Partout, il y a des informations qui sont savamment véhiculées, distillées, laissant indiquer que même les chefs d'État de ces pays-là font l'objet de mandats d'arrêt. Et tout cela procède d'une campagne extrêmement bien organisée, en fait pour discréditer la Cour, pour faire peur aussi. Et je crois que ces actions, malheureusement, semblent en fait porter un tout petit peu dans certains quartiers ».

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Le trois États ont aussi annoncé la création à venir d'une Cour spéciale pour le Sahel, pour traiter des crimes de guerre et génocide, du terrorisme et du crime organisé. Le procureur adjoint a salué cette décision et précisé que son bureau est prêt à coopérer avec cette juridiction, rappelant que la CPI n'intervient qu'en dernier recours.

L'ONG Amnesty International, elle, avait déploré le 23 septembre un « recul préoccupant dans la lutte contre l'impunité dans le Sahel et dans le monde », au lendemain de l'annonce du retrait de la Cour pénale internationale (CPI) du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Ces trois pays sahéliens dirigés par des juntes arrivées au pouvoir par des putschs entre 2020 et 2023, ont déclaré il y a une semaine quitter la CPI avec effet immédiat, la qualifiant d'« instrument de répression néocoloniale aux mains de l'impérialisme ».

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