Madagascar: Consommation - Des grossistes craignent une rupture des stocks

Le stock de produits de première nécessité (PPN) des grossistes du marché d'Anosibe s'amenuise dangereusement. « Il ne me reste que de quoi vendre jusqu'à lundi », confiait samedi Jean-Baptiste, grossiste en riz. Depuis jeudi, l'approvisionnement est suspendu. « Nos commandes viennent d'Arivonimamo, Manalalondo et Soavinandriana. La livraison s'effectue habituellement le jeudi et le vendredi, mais les camions n'ont pas pu arriver à cause des barrages sur la RN1 », explique-t-il.

Face à cette situation, les grossistes redoutent une rupture qui affecterait directement la consommation. « Si nous ne sommes pas livrés d'ici lundi, l'approvisionnement sera compromis pour la semaine prochaine », s'inquiète Jean-Baptiste.

Les grandes surfaces et enseignes de distribution partagent ces craintes. Dans un communiqué publié samedi, le groupement des professionnels de la grande distribution alerte : « Ces dérives compromettent gravement la continuité de l'approvisionnement en biens indispensables pour des millions de Malgaches. (...)

Le contexte logistique propre à Madagascar rend cette situation particulièrement critique. Chaque bateau met près de trois mois à acheminer des marchandises vers l'île. La destruction des infrastructures et des stocks existants aggrave la pénurie et retarde lourdement la capacité d'approvisionnement de l'ensemble du pays. »

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Victimes

D'autres grossistes redoutent une flambée des prix. « Nous avons dû vider nos boxes pour ne pas subir le même sort que d'autres. Mais le transport aller-retour n'était pas prévu dans nos dépenses. Nous sommes contraints de compenser en augmentant les prix », explique Aurélien, commerçant à Anosibe.

Les détaillants, eux, commencent déjà à manquer de produits. « Certains grossistes ont fermé leurs portes depuis jeudi. À Anosibe, plusieurs étaient fermés dès 11 heures samedi. Ceux qui restaient n'avaient plus que très peu d'articles », témoigne Ranoromanana, épicière.

Les consommateurs, inquiets, achètent davantage que d'ordinaire. « Nous avons doublé nos provisions habituelles par crainte d'en manquer. Ce n'était pas prévu dans notre budget, mais nous préférons anticiper », confie un couple rencontré devant un semi-grossiste de Mahazo. Riz, sucre, huile, savon, produits d'hygiène et articles pour bébé, comme les couches et le lait infantile, figurent parmi les denrées les plus recherchées.

Depuis le 25 septembre, plusieurs grossistes et grandes surfaces ont été victimes de pillages. Une source auprès du ministère de l'Industrialisation et du Commerce affirme qu'il est impossible, pour l'heure, d'évaluer précisément les stocks, pour des raisons de sécurité.

« La disponibilité des produits dépendra de l'évolution des pillages. Il n'y aura pas de pénurie dans les prochains jours si les attaques cessent. Mais le plus critique serait un pillage du marché d'Anosibe, principal dépôt de produits de première nécessité », prévient ce responsable. À Anosibe, le marché est désormais sécurisé par un millier de personnes.

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