Cameroun: La CNC interdit les débats politiques, une censure qui interroge

29 Septembre 2025

Alors que la campagne présidentielle camerounaise s'est officiellement ouverte le 27 septembre 2025, un silence médiatique inhabituel plane.

Le Conseil National de la Communication (CNC) a en effet ordonné la suspension de toutes les émissions de débats politiques dans les médias audiovisuels pour la durée de la campagne, une décision justifiée par les autorités au nom de l'équité entre les candidats . Cette mesure, qui contraste avec le dynamisme habituel des discussions en période électorale, est perçue par ses détracteurs comme un outil de censure des médias visant à étouffer la contradiction et les questionnements sur le bilan du président Paul Biya, au pouvoir depuis 43 ans .

Le président du CNC, Joseph Chebongkeng Kalabubse, défend cette interdiction comme une exigence légale pour garantir un traitement équitable, en remplaçant les débats habituels par des programmes de propagande électorale et des journaux de campagne . Cependant, cette position est fermement contestée. Le Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC) dénonce une approche répressive et estime que le régulateur outrepasse son rôle en s'érigeant en rédacteur en chef de tous les médias . Cette décision prive les électeurs d'un espace crucial d'analyse et de confrontation des idées, essentiel à la vitalité du processus électoral .

Dans un contexte où le RDPC au pouvoir est donné favori pour le scrutin du 12 octobre, cette interdiction nourrit les interrogations sur les véritables motivations du régime . L'opposition y voit une stratégie délibérée pour esquiver tout examen approfondi d'un bilan de plus de quatre décennies et limiter la visibilité des candidats adverses . Alors que la campagne du président Biya a été lancée en son absence depuis l'étranger, cette restriction des libertés médiatiques jette une ombre sur la crédibilité du scrutin et renforce les craintes d'un espace démocratique camerounais sous contrainte .

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