Sénégal: Sedhiou-déclaration d'abandon de l'excision et des MGF - les communautés de Badiary tournent le dos à la pratique

29 Septembre 2025

La journée d'avant-hier, samedi 27 septembre marque un tournant décisif au sein des communautés de Badiary à une dizaine de kilomètres dans l'ouest de Sédhiou. Elles ont déclaré tourner définitivement le dos à la pratique de l'excision et des mutilations génitales féminines (MGF). Certes, ces communautés étaient très engagées dans ce processus, mais le coup de grâce en faveur de l'abandon définitif vient d'être porté sous l'impulsion du comité d'appui au développement économique et social de la Casamance (CASADES/Sédhiou). Son coordonnateur ainsi que le chef de village de Badiary rassurent des dispositions prises en vue de la pérennisation de cette option.

« En ce jour dédié à la prise de décision définitive, nous, communautés de Badiary, avons décidé de tourner le dos définitivement à l'excision et aux mutilations génitales féminines ». Cette déclaration d'abandon de l'excision et des mutilations génitales féminines lue par la dame Aïssatou Diallo fait suite à une longue campagne de sensibilisation menée par le comité d'appui et de soutien au développement économique et social de la Casamance (CASADES) dans ce gros bourg de Badiary et dans plusieurs autres contrées de la région de Sédhiou. Le coordonnateur de CASADES/Sédhiou affirme que c'est le résultat d'une démarche concertée et inclusive : « c'est effectivement le résultat d'une démarche inclusive car, depuis le mois de février 2025, nous avons sillonné plusieurs localités de la région de Sédhiou et y avons porté le plaidoyer en faveur de l'abandon de l'excision et des mutilations génitales féminines. Dieu merci, c'est devenu une réalité. Ce n'était pas du tout évident, il y a juste quelques années, en raison de la sensibilité de la question surtout dans la zone du Pakao et ce village de Badiary. Nous remercions le partenaire TGG ALM Options pour leur précieux accompagnement », dixit Bacary Mané dit Dembo.

Le chef de village de Badiary, Abdou Sidibé, rassure que l'interdiction de l'excision est formelle dans cette localité et le dispositif de suivi bien installé : « il s'est trouvé que nous avons interdit la pratique de l'excision dans ce village depuis longtemps car ce n'est recommandé par aucune religion surtout musulmane que nous suivons. Elle est formellement interdite ici. Les femmes sont très bien sensibilisées et sont conscientes des sanctions prévues à l'encontre des contrevenants. Les agents de santé et d'autres partenaires comme le CASADES/Sédhiou continuent de le faire », dit-il. Bacary Dembo Mané confirme cette dynamique de suivi opérationnel : « comme vous le constatez sans doute, il y a le noyau dur de notre dispositif de suivi impliquant le chef de village. Et comme les leaders de la sensibilisation ont un ancrage dans le village, il devient plus facile de renforcer le plaidoyer et le suivi de terrain ». Habitante de Badiary et officiant en qualité de matrone, la dame Fambaye Sané explique que la pratique ne se fait plus ici : « il est vrai qu'il y avait des exciseuses dans ce village il y a de cela plusieurs années mais depuis que j'habite ici, je n'ai jamais constaté un cas d'excision et c'est vraiment rassurant », témoigne-t-elle.

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