Le Bureau pour l’Afrique du Nord de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) a clôturé, le jeudi 25 septembre à Tunis, un atelier régional consacré aux transferts de fonds des Tunisiens résidant à l’étranger et à leur potentiel en tant que levier d’investissement et de financement du développement.
Organisé en partenariat avec le ministère tunisien de l’Économie et de la Planification, l’atelier a permis d’évaluer la capacité des transferts de la diaspora à contribuer durablement à l’économie nationale, dans le cadre du Plan de développement quinquennal 2026-2030.
Intégrer les transferts de fonds dans la stratégie nationale
Les discussions ont porté sur l’intégration des transferts de fonds dans la planification nationale, considérés désormais comme une source alternative de financement. L’objectif est de favoriser leur orientation vers des investissements productifs plutôt que vers une consommation courante, à travers une série de réformes institutionnelles, réglementaires et financières.
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Les travaux ont permis d’examiner la matrice de réformes prévue dans le prochain plan de développement tunisien, qui vise à renforcer les incitations à l’investissement pour les membres de la diaspora, améliorer le cadre réglementaire et développer des instruments financiers adaptés.
L’atelier a réuni une soixantaine de participants, incluant des représentants de ministères, d’institutions nationales, d’agences onusiennes, ainsi que des délégations de pays africains tels que la Côte d’Ivoire, l’Égypte et le Ghana. Ces pays ont partagé leurs bonnes pratiques en matière de mobilisation des transferts de leur diaspora en faveur du développement national.
La rencontre s’inscrit dans le cadre du programme régional de la CEA sur le renforcement du lien entre migration et développement, qui soutient les pays africains dans la valorisation stratégique des contributions de leurs diasporas.
Un potentiel financier significatif
Selon les estimations, les transferts des Tunisiens de l’étranger devraient croître de 6,4 % en 2026, atteignant environ 7 900 millions de dinars tunisiens. Ces ressources représentent un potentiel significatif pour financer des projets structurants à l’échelle nationale.
« Le Plan quinquennal 2026-2030 intègre pour la première fois les transferts de la diaspora comme levier de développement, grâce à l’appui technique de la CEA », a déclaré Lotfi Fradi, chef de cabinet du ministre de l’Économie et de la Planification.
De son côté, Adam Elhiraika, Directeur du bureau de la CEA pour l’Afrique du Nord, a souligné l’importance stratégique de cette approche : « L’expérience tunisienne en matière d’intégration des transferts dans la planification nationale sert aujourd’hui de référence dans la région. Nous restons engagés à soutenir la Tunisie et d’autres pays membres dans la mise en œuvre de cadres favorables à l’investissement de la diaspora ».
La CEA a lancé en 2024 un programme multipays sur la contribution des transferts de la diaspora au développement durable. À travers cette initiative, elle accompagne plusieurs pays africains dans la mise en œuvre de politiques publiques visant à canaliser l’épargne des migrants vers des investissements structurants, tout en renforçant la coopération Sud-Sud.