Les chiffres publiés par la Banque de Maurice (BoM) pour le deuxième trimestre 2025 confirment une tendance structurelle : Maurice demeure un pays de sortie nette de fonds au titre des transferts des travailleurs.
Alors que les envois d'argent des Mauriciens de l'étranger vers le pays ont diminué, les transferts effectués par les travailleurs étrangers résidant à Maurice ont poursuivi leur progression.
Au total, les inward remittances, c'est-à-dire les fonds envoyés par les Mauriciens de la diaspora ou par des proches installés à l'étranger, se sont chiffrés àRs 777 millions au deuxième trimestre de 2025, contre Rs 830 millions un an plus tôt. Cette baisse de 6,4 % traduit un affaiblissement des flux financiers venant principalement de la France (24 % du total), des États-Unis (19 %) et du Royaume-Uni (14,8 %). D'autres pays comme l'Australie, le Canada, l'Italie et l'Irlande contribuent de manière plus marginale.
En revanche, les outward remittances, soit les envois effectués par les travailleurs étrangers opérant à Maurice, se sont établis à Rs 2,7 milliards, en hausse de 4,1 % par rapport aux Rs 2,6 milliards enregistrées au deuxième trimestre 2024. L'Inde et le Bangladesh concentrent à eux seuls près de 70 % des flux sortants, avec respectivement Rs 1,1 milliard et Rs 770 millions transférés vers ces deux pays. Le Népal arrive en troisième position (Rs 346 millions), devant Madagascar et la France.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Ce déséquilibre entre entrées et sorties illustre le poids économique croissant des travailleurs étrangers à Maurice, qu'ils soient employés dans la construction, l'hôtellerie, l'industrie manufacturière ou comme aides à domicile. Alors que les transferts de la diaspora mauricienne reculent légèrement, les flux sortants poursuivent leur tendance haussière, reflet d'une main-d'oeuvre étrangère indispensable mais aussi d'une ponction nette sur la balance des paiements.
La BoM souligne par ailleurs que Maurice respecte pleinement l'objectif 10.c des Nations uniesen matière de coûts de transfert des fonds. Les frais appliqués aux transferts entrants restent dérisoires, avec une moyenne de 0,06 %du montant transféré, contre une cible internationale fixée à moins de 3 %. Pour les transferts sortants, les commissions facturées par les banques et bureaux de change locaux s'établissent en moyenne à 1 %, avec une fourchette allant de zéro à 1,9 %.
En maintenant des coûts de transaction parmi les plus bas au monde, le pays renforce son attractivité pour les transferts financiers, tout en consolidant sa conformité aux standards internationaux. Mais au-delà de cet aspect, les chiffres mettent en évidence une réalité persistante : la dépendance accrue de Maurice vis-à-vis de la main-d'oeuvre étrangère et l'impact structurel de cette migration économique sur ses flux financiers.
