C'est dans l'enceinte du centre Alex Vellin, à Beau-Bassin, que l'Association pour la protection des droits des handicapés (APDH) a tenu, le samedi 27 septembre, une demi-journée de réflexion à l'occasion de la Journée mondiale des sourds, célébrée le 28 septembre. Parents, enfants et membres de l'association ont pris la parole pour partager leurs expériences et leurs luttes quotidiennes, mais aussi leur courage à surmonter les obstacles liés à la surdité.
Parmi eux, Simi Chinnarassen, maman de Keshini, jeune fille porteuse d'un implant cochléaire, a lancé un appel aux automobilistes et aux usagers de la route : «Parfois, les personnes sourdes n'arrivent pas à s'exprimer verbalement. Elles vous sollicitent à travers le langage des signes. Un peu d'attention et d'entraide peut faire toute la différence.» Elle a aussi tenu à souligner la détermination de sa fille qui, une fois ses études terminées, ambitionne de travailler à son compte dans le domaine de l'esthétique ou de l'artisanat.
Ces récits, empreints de résilience, rappellent que la surdité ne définit pas une personne, mais révèle au contraire sa capacité à s'adapter et à avancer malgré les défis. Les échanges ont aussi mis en lumière des revendications fortes. «Chaque ministère aurait dû avoir une unité pour prendre en charge les personnes en situation de handicap. Il faut leur donner les mêmes droits que les autres citoyens», a insisté Anand Kinoo.
Ashvin Gudday, vice-président de l'APDH, a souligné l'importance de cette rencontre organisée dans le cadre de la Semaine internationale des personnes sourdes et malentendantes. «Depuis 2019, nous marquons cette semaine de sensibilisation. Cette année encore, nous avons dressé un bilan des progrès accomplis et identifié ce qu'il reste à faire. Et il reste encore beaucoup à faire», a-t-il confié.
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Placée sous le thème Pas de droits de l'homme sans droits à la langue des signes, cette édition a permis de relancer un appel pressant aux autorités. L'association plaide pour une meilleure formation d'interprètes et pour l'introduction officielle de la langue des signes au Parlement. «La speaker a déjà annoncé que le gouvernement envisage son introduction à l'Assemblée nationale.
C'est un pas majeur pour garantir la participation pleine et entière des personnes sourdes à la vie démocratique», a rappelé Ashvin Gudday. Il est revenu sur un épisode marquant de la pandémie, lorsque les points de presse gouvernementaux se tenaient sans traduction en langue des signes. «Nous avons alerté la Mauritius Broadcasting Corporation et une interprète a finalement été mobilisée. C'était une avancée importante, mais elle montre aussi le chemin qui reste à parcourir.»
Au-delà de l'aspect institutionnel, l'APDH insiste sur l'importance de renforcer les formations spécialisées, notamment pour les speech et occupational therapists, professions encore trop peu représentées dans le pays. «Pourquoi ne pas développer nos propres compétences et réaliser ces opérations localement, à l'hôpital ENT de Vacoas ?», a par ailleurs interrogé Ashvin Gudday.