Guinée: Le père du célèbre journaliste Mamoudou Babila Keïta enlevé à Nzérékoré

Le journaliste guinéen en exil Mamoudou Babila Keïta annonce que son père a été enlevé par des inconnus, lundi 29 septembre à l'aube dans sa maison à Nzérékoré. Réputé pour ses enquêtes sur la corruption et la mal gouvernance, le reporter a fui le pays il y a plus d'un an à cause de menaces incessantes et une tentative d'enlèvement. Depuis l'étranger, il continue à relayer des papiers et des tribunes sur les réseaux sociaux, qui dénoncent systématiquement la répression de la junte du général Mamadi Doumbouya.

Dans sa vidéo devenue virale, Babila Keita n'a pas l'éloquence qu'on lui connaît. En pleurs, les yeux rougis, peinant à former une phrase, tant il est inconsolable : « Je suis au regret de vous annoncer que mon papa a été enlevé ce matin dans ma famille à Nzérékoré, par des inconnus. »

Selon son récit et celui de son frère à Nzérékoré, leur père El Hadj Adama Keita, commerçant de 75 ans, faisait ses ablutions dans la concession familiale et s'apprêtait à se rendre à la mosquée pour la prière de l'aube quand il a été entraîné de force par des inconnus dans « un véhicule administratif Toyota Prado », qui a ensuite démarré en trombe. Les épouses et les enfants ont assisté à la scène, mais dans l'obscurité, ils ont mal distingué les visages et ont imaginé des cambrioleurs en fuite, avant de réaliser, trop tard, que le patriarche a été enlevé.

Mamoudou Babila Keita, dont la famille reçoit des menaces depuis plusieurs jours, en appelle désormais aux Nations unies et aux partenaires internationaux de la Guinée. Mais il refuse de baisser les bras : « Mon père, où qu'il soit aujourd'hui, est fier de moi je pense. Dans ma vie, tout ce qu'il m'a interdit, c'est de m'aligner au mensonge. Peu importe ce qu'il va se passer, je préfère vivre sur la voie de la dignité en étant debout que de vivre à genoux dans l'indignité. »

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La semaine dernière, le Haut-Commissariat aux droits humains de l'ONU dénonçait la disparition forcée d'au moins 10 personnes sous le pouvoir du général Mamadi Doumbouya. Les Nations Unies estiment que la junte enferme ses opposants dans un ancien bagne colonial français, situé sur les îles au large de Conakry.

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