Afrique: Entre avancées et reculs - Le continent face au défi de la liberté économique

L’architecture financière mondiale
1 Octobre 2025

Le rapport annuel Economic Freedom of the World, récemment publié par le Fraser Institute, met en lumière une stagnation globale de la liberté économique, marquant en 2023 une quatrième année consécutive de déclin à l’échelle mondiale.

« La liberté économique mondiale a atteint un sommet en 2019, mais elle recule chaque année depuis, une situation inédite depuis plus de 25 ans de mesure », souligne Matthew Mitchell, chercheur principal au Fraser Institute et contributeur du rapport.

Le rapport définit la liberté économique comme la capacité des individus à faire librement leurs choix en matière de consommation, d’emploi ou d’entrepreneuriat, un facteur clé de la prospérité. Elle est évaluée à travers plusieurs indicateurs, notamment l’ouverture commerciale, le niveau de fiscalité et de réglementation, le poids des dépenses publiques et la stabilité monétaire.

L’objectif est d’analyser dans quelle mesure les individus peuvent librement choisir comment produire, consommer, commercer ou investir.

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L’Afrique subsaharienne : des performances contrastées

La région africaine présente un score moyen modéré, reflétant une situation hétérogène sur le continent. L’île Maurice se distingue comme l’économie la plus libre d’Afrique, occupant la 21ᵉ place mondiale avec un score de 7,73. Elle est suivie par les Seychelles (31ᵉ, 7,58) et le Cabo Verde (44ᵉ, 7,39). Ces pays affichent de bonnes performances en matière de commerce international et de stabilité monétaire.

À l’opposé, plusieurs pays africains se classent parmi les moins performants au monde. C’est le cas du Tchad (156ᵉ), de la Libye (157ᵉ), de l’Algérie (162ᵉ), du Soudan (163ᵉ) et du Zimbabwe (164ᵉ). Ces faibles performances s’expliquent principalement par un cadre institutionnel fragile, une protection limitée des droits de propriété et une réglementation particulièrement contraignante, qui freinent l’activité économique et découragent l’investissement.

Progrès freinés par la pandémie

Le rapport note néanmoins une amélioration progressive en Afrique subsaharienne depuis les années 2000, avec un score moyen régional passant de 5,4 à 5,9. Toutefois, cette dynamique positive a été fortement perturbée par la pandémie de COVID-19, qui a effacé près d’une décennie de progrès, en particulier en matière de dépenses publiques et de liberté commerciale.

Selon les données du Fraser Institute, les pays les plus économiquement libres affichent un revenu moyen par habitant 6,2 fois plus élevé que celui des pays les moins libres, un taux de pauvreté extrême 25 fois plus faible, ainsi qu’une espérance de vie supérieure de 17 ans.

Des faiblesses persistantes en Afrique du Nord et de l’Ouest

En Afrique du Nord, la Tunisie (124ᵉ) et l’Égypte (149ᵉ) obtiennent des scores relativement faibles, en grande partie en raison de droits de propriété peu garantis et de contraintes réglementaires élevées.

De son côté, le Nigéria, première économie d’Afrique subsaharienne en termes de PIB, se classe 123ᵉ. Le pays souffre notamment de barrières commerciales importantes, avec un score de 3,52 en matière de liberté de commerce, ce qui freine son intégration dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.

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