L'ouverture de la deuxième et dernière session ordinaire de la mandature 2021-2025 de l'Assemblée nationale s'est tenue ce 1er octobre 2025, à Abidjan-Plateau, dans un climat particulier. Alors que cette session précède les législatives du 27 décembre, plusieurs bancs sont restés vides : les députés du Pdci-Rda, du Ppa-CI et les élus non-inscrits ont décidé de boycotter la cérémonie solennelle.
Dans une déclaration lue par Simon Doho, président du groupe parlementaire Pdci-Rda, l'opposition a exprimé sa « désapprobation profonde » face à la conduite du processus électoral en cours, notamment après la publication de la liste des candidats à l'élection présidentielle du 25 octobre. Ces députés estiment que le gouvernement « refuse obstinément de créer les conditions d'une paix durable et d'une cohésion sociale indispensables à l'unité nationale ».
Selon eux, le pouvoir en place met en péril la stabilité du pays et risque de replonger la Côte d'Ivoire dans des crises similaires à celles vécues lors des précédentes présidentielles. Parmi les signataires de la déclaration figurent l'ancien Premier ministre Pascal Affi N'Guessan, Assalé Tiémoko et Djè Bi Djè Olivier.
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Les élus contestataires avancent quatre principaux motifs : « L'inconstitutionnalité des décisions du Conseil constitutionnel, accusé d'avoir invalidé certaines candidatures en violation des délais et textes en vigueur ; le verrouillage du processus électoral marqué par l'exclusion de leaders de l'opposition ; l'opacité du système de parrainage et l'absence de révision annuelle de la liste électorale malgré un budget de 27 milliards de Fcfa ;
la répression politique et les atteintes aux droits humains, avec des arrestations arbitraires, enlèvements nocturnes, interrogatoires sans avocat et intimidation des opposants, et la dérive monarchique du pouvoir, à travers l'instrumentalisation des médias publics et l'assimilation de l'opposition à une faute politique ».
Face à ce qu'ils qualifient de « dérive autocratique », les députés de l'opposition réaffirment leur engagement à défendre la Constitution et à lutter par tous les moyens démocratiques : interpellations parlementaires, recours judiciaires, plaidoyers nationaux et internationaux, marches citoyennes. « Nous ne pouvions plus rester silencieux face à de telles violations. Notre responsabilité est d'alerter et de nous tenir aux côtés du peuple », conclut leur déclaration.