Congo-Kinshasa: Condamnation à mort de Joseph Kabila - Quel avenir pour le FCC ?

L'ex-président congolais, Joseph Kabila, a été condamné à mort en son absence, le 30 septembre 2025, par la Haute cour militaire de Kinshasa, qui l'a reconnu coupable de « trahison, crime de guerre et complicité avec le Mouvement rebelle (M23) » qui contrôle le vaste et riche territoire de Goma.

Si cette sentence pèse sur les épaules de l'ancien « raïs», l'on se demande quel sera l'avenir de son parti, le Front commun pour le Congo (FCC). La question est d'autant plus fondée que sous nos tropiques, rares sont les partis qui survivent à leur mentor. Les rats vont-ils quitter le navire à la dérive ? On attend de voir. En tout cas, on ne serait pas surpris que des militants du FCC migrent vers d'autres formations politiques où l'herbe est plus fraîche, en l'occurrence le parti au pouvoir.

Derrière cette condamnation à mort, se cache une volonté de Fatshi d'enterrer politiquement Kabila et son parti

On est d'autant plus fondé à le penser que des députés du FCC et pas des moindres, s'étaient affranchis de leur mentor en rejoignant avec armes et bagages, l'UDPS de Félix Tshisekedi, permettant ainsi à ce dernier, de disposer d'une majorité confortable à l'Assemblée nationale.

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C'est dire si le risque de voir le parti de Kabila s'écrouler tel un château de cartes, est bien grand. Toujours est-il qu'avec cette condamnation à mort de Kabila, l'avenir du FCC se dessine en pointillé. A moins que, par instinct de survie ou esprit de vengeance, les militants de cette formation politique ne fassent bloc derrière leur guide, pour rendre au président Felix Tshisekedi, la monnaie de sa pièce. En tout cas, cette éventualité n'est pas à exclure.

Ce d'autant que l'animosité entre Kabila et Tshisekedi est bien connue de tous. Cette haine viscérale que les deux hommes se vouent, tire son origine du deal qu'ils ont conclu en 2019 dans les conditions que l'on sait. C'est pourquoi il faut craindre que cette condamnation à mort de Kabila, ne fasse dérailler le train de la réconciliation qui peine à atteindre sa vitesse de croisière en République démocratique du Congo et ce, malgré les efforts des religieux.

En vérité, en condamnant à la peine capitale, son allié d'hier et de circonstance devenu aujourd'hui l'homme à abattre, Tshisekedi joue gros. Car, derrière cette condamnation à mort, se cache une volonté de Fatshi d'enterrer politiquement Kabila et son parti. Parviendra-t-il à ses fins? L'avenir nous le dira. Cela dit, si Tshisekedi tient à voir le scalp de Kabila sur le billot, il lui faudra, d'abord, lui mettre le grappin dessus.

Mais de quels moyens dispose Kinshasa pour alpaguer l'homme qui, depuis son retour d'exil, vit dans la clandestinité ? Si le pouvoir Tshisekedi n'a pas réussi jusque-là, à mettre aux arrêts, le coordonnateur de l'Alliance fleuve Congo (AFC/M23), Corneille Nagaa, condamné à la potence avec à la clé, une mise à prix de sa tête, capturer Kabila et exécuter sa sentence pourraient aussi relever d'un pensum. Mais comme le dit l'adage, « si le margouillat se coud un pantalon, c'est qu'il sait par où sortir sa queue ». C'est dire si Tshisekedi est conscient des enjeux.

Félix Tshisekedi n'est pas à l'abri de violentes secousses qui pourraient l'éjecter de son fauteuil

Il est évident que Kabila qui n'a plus rien à perdre, n'attendra pas qu'on vienne le cueillir pieds et poings liés. S'il est vrai qu'il est le chef de l'AFC/M23, comme le sous-tend la Haute cour militaire de Kinshasa, il faudrait craindre que ce mouvement politico-militaire soutenu par le voisin rwandais, ne mette du sable dans le couscous du locataire du Palais de la Nation.

C'est dire si Félix Tshisekedi n'est pas à l'abri de violentes secousses qui pourraient troubler davantage son sommeil. Quid des opposants congolais ? Vont-ils soutenir Kabila dans sa traversée du désert ? Ou se comporteront-ils en simples spectateurs ? Le temps nous situera. Cela dit, Joseph Kabila est-il à plaindre ? On le sait, cet ancien maquisard qui a dirigé la RDC d'une main de fer, de 2001 à 2019, n'a pas fait que des heureux.

Loin s'en faut. Bien des opposants et défenseurs des droits de l'Homme ont souffert le martyre sous son magistère. Le cas le plus emblématique est sans conteste celui de Floribert Chebeya envoyé ad patres dans des conditions que l'on sait. On pourrait donc dire que ce qui arrive aujourd'hui à Kabila, n'est pas loin du karma si ce n'est déjà cela.

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