Sénégal: Sédhiou /Occupations de la voie publique à l'origine des accidents - L'administration et la municipalité à la recherche de solutions durables

La ville de Sédhiou et capitale de la région du même nom n'est pas exempte du phénomène de l'occupation illégale de la voie publique. Il s'agit principalement des vendeurs ambulants qui ont trouvé un point de chute révocable, des motos taxis appelées Jakarta. D'autres formes d'occupation se font sous le couvert de cérémonie religieuse et culturelle associées à un tapage nocturne profondément incommodant. L'administration et l'institution municipale de Sédhiou déclarent mettre leurs efforts ensemble pour réduire à son strict minimum l'inconfort et les sinistres qui résultent de cette occupation illégale de la voie publique et des nuisances sonores.

L'encombrement de la voie publique est bien perceptible dans certaines artères de la ville de Sédhiou. Les plus en vue sont les abords du marché central et singulièrement l'angle de la banque agricole qui le relie à l'axe routier qui mène au rond-point Jules counda.

Le sens de cette voie qui conduit au marché forme une descente qui échappe au contrôle de nombre de conducteurs dont les freins sont défaillants. Il y a une dizaine d'années, en effet, un camion a marché sur des jeunes filles vendeuses de bananes et venues du village voisin de Badiary. Sur ce même site, un camion a prolongé sa course jusque dans une boutique du marché central, faisant une perte en vie humaine et d'importants dégâts matériels, il y a de cela deux ans.

Et pourtant, cette voie était plusieurs fois déclarée sens interdit ; mais en réalité sans jamais l'être. Et c'est l'emprise de cet angle qui est devenue un arrêt des motos-taxis appelées «Jakarta». Aux heures de grande affluence, l'encombrement y est vécu avec tous les risques et la hantise d'un accident qui pourrait être gravissime, une fois déclaré.

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L'autre site qui présente un danger public est l'emprise de la gare-routière devenue le marché secondaire de la ville de Sédhiou. Tout ou presque y est vendu. Du poisson frais aux légumes et fruits en passant par la friperie, l'obstruction de cette voie qui mène au centre hospitalier régional et à de nombreux édifices publics expose les usagers à des risques d'accidents accrus.

Et dans une proportion moindre, les passages piétons de l'axe de la SENELEC qui mène au rond-point Julescounda sont progressivement occupés par des commerçants et autres tabliers et restauratrices.

TAPAGES NOCTURNES SUR LA VOIE PUBLIQUE A L'OCCASION DES CEREMONIES

S'agissant du tapage nocturne associé à l'occupation de la voie publique, ce sont des pratiques très courantes dans la ville de Sédhiou. C'est généralement à l'occasion des cérémonies religieuses, des funérailles, des baptêmes, entre autres festivités cultuelles et culturelles ponctuelles.

Contacté à ce sujet par nos services, le préfet du département de Sédhiou a confirmé cet encombrement de la voie publique et répondu qu'une solution est à l'étude pour ramener la fluidité dans ces endroits. «Nous avons organisé une visite de terrain en rapport avec la mairie de Sédhiou pour identifier les sites présentant des risques et les possibilités de les reloger ailleurs et de façon concertée», explique le préfet Modou Guèye.

Il ajoute avoir «adressé une lettre à la hiérarchie pour informations, orientations et décisions idoines à prendre. Nous avons convenu, avec la municipalité et les acteurs concernés, d'échanger sur la question. Mais il reste clair que le désencombrement de la voie publique est irréversible pour le bien-être de l'ensemble des populations».

Du côté de la mairie de Sédhiou, le quatrième adjoint au maire a indiqué que «la Commission domaniale et celle de la fiscalité mènent une opération de sensibilisation et d'identification de concert avec la Division régionale de l'urbanisme. Dans l'immédiat, nous n'envisageons pas de les déguerpir mais juste de les aider à mieux s'organiser pour que nul n'en souffre», a fait savoir Mame Aly Diallo.

Et enfin, pour les citoyens rencontrés et interrogés sur le sujet, nombreux sont ceux qui pensent que les pouvoirs publics ne doivent pas transiger sur les impératifs de sécurité et de bien-être des populations. Quant aux occupants, les commerçants en particulier, ils invoquent des motifs de survie économique pour subvenir aux besoins de leurs familles, dans un contexte caractérisé par de réelles difficultés d'emploi pour les jeunes, ont-ils fait observer, tout en reconnaissant les risques liés à l'occupation de la voie publique qui leur est reprochée.

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