À Saint-Louis, les habitants dénoncent avec vigueur l'occupation sauvage des voies publiques, le tapage nocturne et une pollution sonore devenue insupportable. Entre files de camions frigorifiques sur la Langue de Barbarie, vacarme des marchés et rodéos de motos à Pikine, la vie quotidienne se transforme en calvaire. Les populations pointent du doigt un «laxisme coupable» des autorités locales.
Les difficultés ne manquent pas à Saint-Louis où les populations font face à de réels problèmes liés à l'occupation anarchique des voies publiques, au tapage nocturne et à la pollution sonore. Sur la Langue de Barbarie, l'image est éloquente : de longues files de camions frigorifiques chargés de poisson frais stationnent le long du fleuve. Les moteurs vrombissent, des klaxons retentissent, les mareyeurs marchandent à voix haute avec les pêcheurs, dans un vacarme indescriptible. Ajouter à cela le bruit des charrettes, les cris des vendeurs à la sauvette et l'agitation des dockers au débarcadère : c'est un quotidien éprouvant pour les riverains.
Cette partie de la Langue de Barbarie reste toute l'année occupée par ces gros-porteurs, au grand désarroi des fidèles musulmans contraints d'emprunter cette voie pour se rendre au cimetière Thiaka Ndiaye. La proximité entre le cimetière et le quai de pêche choque. «Ce que nous vivons ici est inadmissible, voire inhumain. Les déplacements sont très difficiles avec tout ce désordre. Pour inhumer nos morts, nous perdons énormément de temps à cause des camions frigorifiques garés devant la façade principale», témoigne, amer, un habitant de Guet-Ndar venu se recueillir sur la tombe de ses parents.
Comme lui, beaucoup dénoncent le «silence coupable» des autorités et soupçonnent même un «deal» avec les mareyeurs. Surtout qu'au-delà de l'occupation des berges, d'autres dégâts collatéraux sont déplorés. En effet, les eaux usées rejetées par les frigos se déversent en abondance sur la chaussée, accélérant sa dégradation et aggravant les problèmes environnementaux.
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À Sor, notamment dans le quartier Pikine, c'est un autre fléau qui perturbe la quiétude des habitants : la pollution sonore. Des jeunes organisent régulièrement des concerts improvisés qui tympanisent tout le voisinage. La situation empire avec les rodéos nocturnes de motocyclistes qui modifient leurs pots d'échappement pour faire davantage de bruit. La route nationale n°2 (RN2) se transforme ainsi, certaines nuits, en véritable piste de courses sauvages. Et dans les quartiers populaires, des «Henné Times», organisés lors des cérémonies de mariage, viennent encore hausser le niveau de pollution sonore, jusqu'à des heures tardives.
Les autorités ne restent pas totalement inactives. Au mois de février dernier, le préfet de Saint-Louis, Abou Sow, a conduit une vaste opération de désencombrement sur l'avenue président Macky Sall (ex-Charles de Gaulle). L'artère, aujourd'hui très dégradée, avait été libérée des marchands ambulants qui encombraient trottoirs et chaussées. Quelques-uns tentent de revenir, mais la vigilance des Forces de l'ordre freine, pour l'instant, leur réinstallation. Malgré ces coups d'éclat, le constat demeure : Saint-Louis vit sous le poids du désordre et du bruit, au grand désarroi de ses habitants qui ne voient pas venir de solutions durables.