La problématique de l'occupation anarchique voire même abusive des voies et lieux publics cause d'énormes entorses aux plans d'aménagement et d'urbanisation en prévision dans les villes. A Kaolack elle a commencé à prendre de l'allure durant ces trente voire quarante dernières années et se justifie en partie par la forte poussée démographique, le phénomène de l'exode rural et l'arrivée massive des populations des autres régions dans la capitale du Saloum.
Les conséquences sont multiples. Car, au-delà de la question de l'habitat et de la viabilité des terrains devant accueillir les exilés, le marché local a grandi. Le marché central de Kaolack qui est considéré à l'époque comme l'un des espaces de commerce les plus grands de l'Afrique de l'Ouest, par rapport à son ampleur et immensité, est aujourd'hui bondé de monde.
Jusqu'au début des années 1980, ce marché n'a jamais connu une telle attraction du point de vue fréquentation. On se souvient, les vendeurs et petits spéculateurs qui s'y étaient installés étaient sommés, chaque vendredi, de quitter leurs lieux de travail très tôt, pour permettre aux éléments de la Brigade des Sapeurs-pompiers de nettoyer les espaces utilisés durant la semaine.
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A l'époque, les gros véhicules et engins de secours d'incendie pouvaient entrer et circuler librement sur les artères du marché, sans trop s'inquiéter. A présent, ce marché est devenu très peuplé et les personnes qui s'y rendent chaque matin pour s'approvisionner en produits peinent à se déplacer. A part les petits passages aménagés ça-et-là devant les boutiques ou les souks de vente, les espaces pour piétons ont complètement disparu.
Dans les alentours, les surfaces qui servaient de lieux de stationnement pour les automobilistes ont toutes été transformées en cantines et souks de vente d'objets et produits divers. Les ruelles qui séparent ce grand centre de commerce du marché zinc, situé à quelques pas plus loin, sont aujourd'hui obstruées par les marchands. Plus de passage pour les véhicules et engins roulants. En période de grands événements, la voie publique contournant le marché sur toute sa circonférence est complètement assiégée par les petits vendeurs et la circulation est totalement bloquée aux véhicules et taxis urbains.
De l'autre côté de la ville, au niveau des quartiers et sur les différentes artères entrelacées autour du périmètre communal, c'est le même décor qui s'impose. Les écoles implantées au centre-ville sont aujourd'hui étouffées à outrance par un encerclement continu de boutiques et cantines de commerce érigées dans tous les sens.
Malgré les opérations de déguerpissement répétées, souvent effectuées par l'administration locale sur les voies de sortie en général et des quartiers comme Médina Baye notamment en période d'évènements, le problème reste entier. Car les personnes déguerpies refusent toujours de céder et reviennent occuper la voie à chaque fois que les autorités baissent la garde.
LE FLÉAU DE L'OCCUPATION ANARCHIQUE DES VOIES PUBLIQUES ET LA RESPONSABILITÉ DE LA MUNICIPALE
Au-delà des questions relatives à la prise en charge des populations par rapport à leurs habitats, la gestion de la voirie et les cas d'inondations et autres compétences annexes transférées aux communes, la gestion des voies publiques et la gouvernance dans les marchés est aussi une prérogative municipale. Dans chaque ville du pays, la municipalité est la seule institution habilitée à s'occuper de ces tâches.
A Kaolack, au regard de la situation, on se rend compte de la responsabilité de la municipalité. Pis des agents municipaux s'offrent toujours le privilège de vendre des cantines aux populations dans les marchés et sur des coins de rues. A travers ces pratiques, un nombre incalculable de cantines, souks et autres box de vente de produits a été vendu ou cédé aux petits commerçants. Soit dans les lieux de commerce intense, soit aux abords des rues ou devant des résidences mal surveillées. Mais moyennant, à chaque fois, une contrepartie financière payable notamment sous forme de patente dans les caisses municipales ou même à titre privé.
Dans la majeure partie des cas, ces opérations contribuent de manière générale à l'encombrement dans la ville de Kaolack. Les embouteillages, que la ville ne connaissait pas d'habitude, se multiplient de plus en plus, surtout aux moments de fête où la majeure partie des personnes qui transitent par Kaolack, une ville carrefours, en partance vers toutes les destinations ou presque du Sénégal (Est, Ouest, Centre, Nord et Sud) sont obligées de passer plusieurs heures dans les longues files de véhicules.