Congo-Kinshasa: Au-delà de la condamnation !

48 heures après la condamnation de Joseph Kabila, la tension est montée d'un cran à l'AFC/M23, à l'instar du PPRD ou encore du FCC. Déjà, lors du réquisitoire de l'Auditeur Général de cette Haute Cour militaire, le directoire des rebelles de Goma avait saisi officiellement le médiateur en vue de préserver l'esprit de la déclaration de principes de Doha.

Le verdict de la condamnation à mort est venu comme pour sonner le glas de cet espoir au moment où cette Haute Juridiction militaire a, entre autres, motivé sa condamnation par des liens entretenus par Joseph Kabila avec l'AFC/M23. Cette dernière n'a pas tardé à condamner cette violation de l'esprit de la déclaration de principes de la capitale qatarie.

Cependant, cette déclaration de Doha n'a pas permis de baisser la tension sur le terrain. Il a été, par contre, constaté de nombreuses violations de cessez-le-feu qui sont allées jusqu'aux nouvelles conquêtes des territoires.

Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un acte pris par la juridiction d'un Etat. Il faille bien en tenir compte à l'instar des condamnations antérieures. Seuls quelques pays africains ont appelé Kinshasa à une issue diplomatique après le réquisitoire de l'Auditeur Général des FARDC.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Mais après, aucune réaction des pays africains ou d'ailleurs. Comme pour dire qu'on ne compte des amis que quand on est au pouvoir. De la même manière, l'opinion nationale qui s'affichait comme militants indécrottables du PPRD et du FCC, ont vaqué normalement à leurs occupations le jour du prononcé dudit verdict.

En effet, après 18 ans de pouvoir, Joseph Kabila ne compte plus que sur une brochette de collaborateurs qui, pour la plupart, l'ont rejoint en exil. Mais en réalité, aucun ancien ami chef d'Etat n'est prêt à l'accompagner, d'une façon ou d'une autre, à la reconquête du pouvoir.

Il est tôt d'affirmer que le verdict de la Haute Cour militaire vient précipiter la descente aux enfers d'un Kabila déjà mal en point après sa gestion des droits de l'homme en 18 ans de gouvernance.

En effet, c'est hier mardi 1er octobre que le Haut-Commissariat de l'ONU en charge des droits de l'homme a commémoré le 15ème anniversaire de la publication du rapport Mapping. Il s'agit d'un document qui avait recensé 617 incidents violents survenus entre 1993 et 2003, certains constituant potentiellement des crimes contre l'humanité ou des crimes de génocide.

Rien ne permet de croire que le gouvernement congolais va s'arrêter en si bon chemin après cette condamnation dès lors que l'objectif est de ressusciter tous les crimes contre l'humanité pour en ester devant les juridictions internationales. C'est donc une véritable guerre des tranchées qui a été déclenchée.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.