La sixième édition du Forum pour la résilience en Afrique s'est achevée à Abidjan avec la signature d'un protocole d'accord entre le Groupe de la Banque africaine de développement et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), consolidant un partenariat qui visera à mettre la migration au service de la paix et du développement sur le continent.
Le protocole d'accord formalise la collaboration entre les deux parties dans trois domaines stratégiques : la gouvernance des migrations pour le développement inclusif, la prospérité et la paix ; l'engagement de la diaspora africaine pour le développement ; et les réponses aux déplacements internes.
« Lorsqu'elle est bien gérée, la migration n'est pas un problème à contenir, mais un moteur très puissant du développement inclusif et de la résilience », a déclaré Nnenna Nwabufo, vice-présidente du Groupe de la Banque pour le Développement régional, l'Intégration et la Prestation de services, lors de la signature. Elle a souligné l'alignement du partenariat sur la vision du président Sidi Ould Tah en matière de lutte contre la fragilité et de renforcement de la résilience dans l'ensemble de l'Afrique.
« Ce partenariat allie le leadership financier et technique du Groupe de la Banque avec l'expertise et la présence sur le terrain de l'OIM pour créer des solutions qui placent les femmes, les jeunes et les groupes vulnérables au coeur de la transformation de l'Afrique », a déclaré Mohammed Abdiker, chef de cabinet de l'OIM.
Le programme du Forum pour la résilience en Afrique comprenait des sessions sur la sécurité alimentaire, l'entrepreneuriat des jeunes, les liens entre le climat et la paix, l'investissement du secteur privé dans les contextes fragiles et le rôle de l'intelligence artificielle dans la consolidation de la paix, suivies de sessions de partenariat pour faire avancer les actions communes dans le cadre des priorités partagées.
Organisé tous les deux ans, le Forum de cette année a pour thème : « Prévenir pour mieux agir : financer la paix dans un contexte de coopération au développement en transition ». Il a réuni des partenaires stratégiques, dont des agences des Nations unies telles que le HCR, le PNUD, le PAM et l'OIM, ainsi que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Interpeace, l'OCDE, la société civile, le secteur privé et d'autres, parties prenantes, réaffirmant le rôle de cet événement dans la coordination de l'action visant à prévenir la fragilité et à y remédier.
Mme Nwabufo a noté les principaux enseignements à tirer des discussions, en insistant sur la nécessité d'une évolution de la gestion réactive des crises vers une prévention anticipée. « Nous devons passer de la gestion des crises à l'anticipation et à l'atténuation des risques avant qu'ils ne s'aggravent », a-t-elle appelé.
« Nous disposons des outils, des partenariats et de la vision », a précisé Mme Nwabufo. « Ce qu'il faut maintenant, c'est une volonté collective de produire un impact là où les besoins sont les plus pressants. Nous ne nous contentons pas de réagir aux conflits, nous investissons dans la paix ».
Dans son allocution de clôture, le directeur du Bureau de coordination des États en transition de la Banque, Yero Baldeh, a exprimé sa gratitude pour le niveau d'engagement tout au long de l'évènement. « Le Forum a réaffirmé notre engagement commun en faveur de la résilience et nous a rappelé que la prévention est possible, que la paix est un domaine dans lequel on peut investir, et que l'Afrique est prête », a-t-il conclu.
Le Forum pour la résilience en Afrique se poursuit le vendredi 3 octobre avec une journée dédiée aux partenariats. Elle se déroulera au siège du Groupe de la Banque africaine de développement à Abidjan, offrant l'occasion d'approfondir le dialogue et de planifier des actions concrètes pour faire avancer l'agenda de la prévention en Afrique.