Ile Maurice: Une économie en demi-teinte

Après une progression de 4,9 % l'an dernier, l'activité économique connaît, cette année, un rythme plus modéré. Selon les estimations de Statistics Mauritius, le Produit intérieur brut (PIB) augmenterait de 3,1 % pour atteindre Rs 741,9 milliards tandis que la valeur ajoutée brute suivrait une trajectoire similaire, en hausse de 3,1 % après 4,7 %, pour s'établir à Rs 636,2 milliards.

Ce ralentissement trouve principalement son origine dans le recul attendu de l'investissement. Après une forte expansion de 8,3 % en 2024, la formation brute de capital fixe se contracterait de 4,1 %. Cette baisse toucherait davantage le secteur privé (-4,7 %) que le public (-1,8 %), entraînant une diminution du taux d'investissement, qui passerait de 21 % à 19,7 % du PIB.

Dans le même temps, la consommation maintiendrait sa croissance, mais à un rythme plus mesuré. Les dépenses finales progresseraient de 2,9 % contre 3,9 % l'an dernier, portées par une hausse chez les ménages de 3 % tandis que les dépenses publiques ralentiraient à 2,4 %, après une augmentation exceptionnelle de 7,9 %.

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Sur le plan extérieur, la dynamique se stabiliserait également. Les exportations de biens et services progresseraient de 2,1 %, presque au même rythme que l'an dernier alors que les importations reculeraient légèrement (-0,4 %) après un bond de 7,3 %. Ce rééquilibrage contribuerait à réduire le déficit commercial, qui passerait de 11,2 % à 9 % du PIB.

Le panorama sectoriel illustre ces contrastes. L'agriculture, la foresterie et la pêche progresseraient de 8,1 % grâce à de bonnes performances hors sucre, même si la production sucrière, estimée à 220 000 tonnes, reculerait de 4,1 %. Dans l'industrie, la croissance resterait limitée à 1,6 %, avec un textile en léger recul (-0,2 %), le secteur de la transformation sucrière en baisse de 2,4 %, et un secteur agroalimentaire en hausse de 3,5 %.

Le secteur de la construction serait le plus touché. Après un bond de 13,3 % en 2024, l'activité se contracterait de 2,1 %, pénalisée par le ralentissement des chantiers publics (routes, drainage, logements sociaux) et des projets privés (smart cities, lotissements, hôtels, énergies renouvelables).

À l'inverse, les services continueraient à soutenir la croissance. Le commerce de gros et de détail progresserait de 3,3 %, les transports et l'entreposage de 5,1 %, et l'hébergement-restauration de 3 %, grâce à des arrivées touristiques attendues à 1,425 million. L'information et la communication connaîtraient une hausse de 5 % tandis que les activités financières et d'assurance enregistreraient un gain de 4,6 %.

Enfin, le revenu national disponible brut atteindrait Rs 776,7 milliards, en hausse de 6,9 %. L'épargne intérieure brute s'établirait à Rs 123,5 milliards, soit 16,6 % du PIB, et l'épargne nationale brute à Rs 158,2 milliards, représentant 20,4 % du revenu national disponible brut. Le revenu par habitant poursuivrait sa progression à Rs 596 496 contre Rs 556 548 un an plus tôt, soit une hausse nominale de 7,2 % et une augmentation réelle de 3,3 %, après 5,2 % lors de l'exercice précédent.

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