Tunisie: La peine de mort pour avoir critiqué le président sur un réseau social

En Tunisie, Saber Chouchane, 51 ans, père de famille sans emploi stable, a été condamné le 1er octobre à la peine de mort pour des statuts Facebook critiquant le président de la République, Kaïs Saïed. Si la sentence ne peut pas être exécutée, car la Tunisie a mis un moratoire sur la peine capitale depuis 1991, la sévérité du jugement interpelle la société civile.

Oussema Bouthelja, l'avocat de Saber Chouchane, dit être encore sous le choc d'un tel jugement, deux jours après le verdict. Il a fait appel hier, vendredi 3 octobre, mais son client, condamné à un an de prison pour des statuts Facebook critiques du président Kaïs Saïed, reste emprisonné.

Saber Chouchane est détenu depuis le 24 janvier 2024 et son avocat dit ne pas savoir qui a porté plainte contre lui pour ses publications. Elles étaient postées sur un compte intitulé en arabe « Kaïs Saïed l'infortuné » sur lequel il critiquait notamment la répression politique menée par le pouvoir en Tunisie envers les opposants au chef de l'État. Ce compte n'avait que quelques centaines d'abonnés et aucun impact particulier selon ses avocats, les publications suscitant peu d'engagements.

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Il a été jugé et condamné sur la base de l'article 72 du Code pénal qui punit de la peine de mort tout « attentat ayant pour but de changer la forme du gouvernement ».

Selon Bassem Trifi, président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, le juge qui a prononcé cette sanction a été démis de ses fonctions de président de la chambre criminelle et muté dans un autre tribunal, dans la foulée du jugement.

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