Congo-Kinshasa: Le mouvement citoyen Lucha dénonce la répression envers les voix critiques dans la province de la Tshopo

Dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC), un militant du mouvement citoyen Lucha a été condamné à six mois de prison pour propagation des faux bruits après avoir lu le 30 septembre un mémorandum devant l'Assemblée provinciale de la Tshopo, à Kisangani. Jedidia Mabela et d'autres militants manifestaient pour exiger le contrôle parlementaire de la gestion qu'ils jugent « chaotique » de la province, par Paulin Lendongolia. Des voix s'élèvent pour dénoncer un durcissement des autorités et des dérives dans la région et exiger la libération du militant emprisonné.

La manifestation du 30 septembre dernier avait été organisée par une synergie de mouvements citoyens, dont la Lucha et Filimbi. Et c'est Jedidia Mabela, la trentaine, qui avait lu le mémorandum destiné au président de l'Assemblée provinciale. Ce n'est que le lendemain qu'il a été arrêté brutalement, conduit en prison puis jugé en procédure de flagrance. Le tribunal de paix de Kisangani-Makiso l'a condamné pour propagation de faux bruits, suite notamment aux critiques contenues dans le mémorandum.

La Lucha maintient ses accusations contre le gouverneur, notamment le financement des « dépenses sans impact », comme un double concert en août, alors que cette province du nord-est de la RDC est privée d'eau, d'électricité et d'infrastructures de base.

Le 2 octobre, un autre militant, Zackarie Kingombe, a été enlevé par six hommes armés. Sa famille ignore où il est détenu et pour quelles raisons.

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Un étudiant condamné à 12 mois de prison dans la province voisine du Bas-Uélé

Stewart Muhindo, de la Lucha, souligne : « La condamnation de notre camarade pour avoir dénoncé le gaspillage d'efforts publics est totalement scandaleuse et honteuse. Cela est d'autant plus inquiétant que le climat de terreur s'installe dans la province de la Tshopo à l'égard de toute voie critique. Il y a notamment d'autres camarades qui vivent dans la clandestinité en raison de leur engagement pour la transparence dans la gestion des affaires publiques. Il y a évidemment des cas d'autres défenseurs des droits humains ou humanistes qui sont harcelés, qui sont intimidés. »

La répression s'étend : la même semaine, un étudiant a été condamné à 12 mois de prison pour imputations dommageables contre le gouverneur de la province voisine du Bas-Uélé.

« La liberté d'expression ne signifie pas libertinage », a averti la porte-parole du gouverneur de la Tshopo, promettant des poursuites contre toute insulte ou dénigrement envers les autorités.

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