Cameroun: Trêve - Mark Bareta suspend les villes mortes après les excuses de Tchiroma

5 Octobre 2025

Dans un contexte de crise anglophone persistante, une annonce de Mark Bareta, leader ambazonien influent, a créé un véritable choc politique. Ce dernier a effectivement déclaré une suspension temporaire des villes mortes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du 6 au 14 octobre 2025.

Cette décision fait suite aux excuses publiques et inattendues présentées par Issa Tchiroma Bakary lors d'un meeting à Bamenda. L'ancien ministre, désormais candidat à la présidentielle de 2025, a reconnu son rôle passé dans le conflit et a imploré le pardon des populations.

Pour Mark Bareta, ce geste de contrition, qualifié "d'édifiant sur le plan humain", justifie une trêve. Il a estimé que les populations, après près de trois semaines de paralysie totale, méritaient un moment de répit pour vaquer à leurs activités et retrouver une vie normale. Cette pause stratégique, qui intervient à la veille du scrutin présidentiel, est présentée comme une opportunité pour les habitants de souffler avant que le lockdown ne reprenne à partir du 14 octobre.

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Cette initiative ne fait pourtant pas l'unanimité au sein de la mouvance séparatiste. Alors que Bareta appelle à la reprise des activités, Asu Lucas, porte-parole de l'Ambazonia Governing Council (AGovC), a au contraire annoncé un lockdown strict pour la même période, ordonnant aux populations de faire des réserves de nourriture et de médicaments. Cette division flagrante expose les luttes internes et les différentes stratégies adoptées face au processus électoral et aux avancées politiques.

Le timing de cette suspension, à quelques jours seulement du scrutin présidentiel, soulève de nombreuses questions sur son impact politique réel. Certains y voient une tentative d'apaisement permettant un répit bienvenu aux civils épuisés par des années de conflit. D'autres restent sceptiques, considérant cette trêve comme une manoeuvre pouvant influencer la participation dans les régions anglophones, traditionnellement en proie à de fortes tensions lors des élections. Le geste de Tchiroma et la réponse de Bareta créent ainsi un précédent significatif, mais laissent entier le doute sur une résolution durable de la crise qui secoue le Cameroun.

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