Les riverains du fleuve Sénégal dans le nord-est du pays ont de nouveau les pieds dans l'eau. C'est désormais un problème chronique, chaque année les fortes précipitations associées aux lâchers d'eau effectués au niveau du barrage de Manantali, au Mali voisin, provoquent d'importantes inondations dans les villages riverains du fleuve Sénégal. C'est le cas du département de Bakel où près de 4 000 personnes ont été déplacées.
Certaines régions du Sénégal affrontent une nouvelle fois des inondations avec le spectacle de maisons et de rues entières inondées où seules les charrettes tirées par des chevaux circulent encore avec de l'eau qui arrive au niveau des genoux des rares passants. Les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux montrent toutes ces mêmes images désolantes, dans au moins six localités du département de Bakel dans le nord-est du pays.
C'est le cas à Ballou, 35 000 habitants, où l'eau et l'électricité sont coupées et les plus de 3 800 déplacés sont logés dans les seuls bâtiments construits en zone non inondable, comme l'explique le maire de la commune Cheikhna Camara. « On les a logés dans les écoles, ce qui va pénaliser la rentrée scolaire des enfants de la commune de Ballou. Nous sommes dans une situation très très difficile ».
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Quelque 5 000 élèves ne pourront donc pas retrouver les bancs de l'école ce mercredi et pour les trois semaines à venir, le temps que le fleuve retrouve son lit, à moins de trouver des tentes pour héberger les familles délogées de chez elles. Un problème qui s'est déjà posé il y a un an.
« Il est temps que l'État prenne des mesures »
Pour Mamadou Fade, membre du réseau d'ONG GRDR, il est temps que l'État prenne des mesures beaucoup plus durables. « Le fait d'apporter des secours en vivre, ça n'est pas ça qui règle le problème, l'État devrait avoir une attitude plus préventive, les gens n'ont pas besoin de secours d'urgence, mais de solutions durables, par exemple réaliser des aménagements pour orienter les eaux, curer ces mares, mettre un système de drainage des eaux de crue pour éviter qu'elles ne se dirigent vers les localités ».
Des mesures comme la construction de digues de protection n'ont pas été prises depuis les inondations similaires il y a un an, selon les responsables locaux joints sur place. Cette année encore, le ministère de l'Hydraulique et de l'Assainissement a annoncé l'envoi de sacs de riz, d'eau, de matelas et de motopompes pour parer aux besoins les plus urgents.