Mali: Une vague de civils quitte la ville de Kidal

Au Mali, une vague de civils a quitté Kidal, ces derniers jours. Lors de la reprise de ce fief des rebelles indépendantistes, par l'armée malienne et ses supplétifs russes du groupe Wagner, en novembre 2023, la grande majorité des habitants avait déjà fui la ville.

Les autorités militaires de transition ont rompu l'accord de paix qui avait été signé, en 2015, avec les rebelles, lesquels ont donc repris les armes.

La ville de Kidal, au nord du Mali, est contrôlée, depuis près de deux ans, par les autorités de transition, mais le blocus imposé, depuis deux mois, par les rebelles du Front de libération de l'Azawad (FLA) et les attaques des jihadistes du Jnim liés à al-Qaïda, contraignent de plus en plus de Kidalois au départ.

Ainsi, de nombreux civils, majoritairement de la communauté songhaï, ont profité des derniers convois ayant quitté Kidal, jeudi 2 octobre et dimanche 5 octobre derniers, sous escorte militaire, pour partir, embarqués dans des camions surchargés, avec l'intention de ne pas revenir. Des sources locales, membres de la rébellion du FLA, parlent de « plusieurs dizaines de familles ».

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Plus de travail

Un notable kidalois, soutien des nouvelles autorités installées à Kidal par le régime de Transition, confirme le phénomène, mais assure qu'il s'agit moins de familles que d' « ouvriers » ne trouvant plus de travail, ni sur les chantiers, ni sur les sites d'orpaillage de la région.

Depuis environ deux mois, les rebelles du FLA ont décrété, sans faire de communiqué officiel, un blocus à Kidal et sommé les populations de s'éloigner non seulement des positions militaires, mais aussi de la ville même de Kidal. Les jihadistes du Jnim attaquent également régulièrement l'armée malienne dans la région. Le Jnim et le FLA ne mènent pas d'attaques conjointes, mais reconnaissent concentrer et, parfois même, coordonner leurs efforts contre leur ennemi commun : l'armée malienne et ses supplétifs russes du Corps africain.

Blocus

« Le carburant, la nourriture, le lait : Kidal manque pratiquement de tout », résume un membre du FLA qui se félicite de l'effet du blocus imposé par les rebelles.

Ces derniers mois, les convois de ravitaillement, assurés par les militaires, ont cependant toujours réussi à passer, en dépit des attaques et notamment des mines artisanales posées sur leur chemin.

« Des marchandises parviennent aussi à venir d'Algérie », tempère enfin le notable kidalois pro-Bamako, qui assure : « ma famille vit correctement, nous sommes habitués. »

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