Cameroun: Présidentielle - «On n'entend pas parler d'égalité hommes-femmes»

La présidentielle camerounaise aura lieu le 12 octobre 2025. Le président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, brigue un huitième mandat. Face à son bulletin de vote, onze autres, dont celui d'une seule candidate (Patricia Hermine Tomaïno Ndam Njoya). Pierrette Memong, fondatrice de l'Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF) et qui co-signe avec d'autres associations un appel adressé aux candidats, souligne que « tous ceux qui veulent diriger le pays ne peuvent pas mettre de côté les questions qui concernent 52 % de leur population ».

Où sont les femmes dans les promesses et discours des candidats et de leurs partis ? C'est la deuxième et dernière semaine de campagne au Cameroun avant la présidentielle du dimanche 12 octobre 2025 à laquelle Paul Biya, à la tête de l'État depuis 43 ans, se représente pour un huitième mandat, à l'âge de 92 ans. Douze candidats en tout sont en lice, dont une seule femme, Patricia Hermine Tomaïno Ndam Njoya.

Face aux chantiers inachevés du code de la famille, d'une loi pour protéger les femmes des violences basées sur le genre et après trop de cas de féminicides violents impunis, Pierrette Memong, fondatrice de l'Association de lutte contre les violences faites aux femmes (ALVF), co-signe avec d'autres associations un appel (« Le Cameroun que nous voulons ») adressé aux candidats.

« Si nous, les femmes, versons dans l'abstention, jamais nous ne serons visibles »

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« Je n'ai pas entendu parler de manière spécifique de l'égalité hommes-femmes, dans les postes de décision, affirme-t-elle au micro de notre envoyée spéciale à Yaoundé, Amélie Tulet. Je n'ai pas entendu parler de la santé sexuelle et reproductive des femmes. Et même quand on a évoqué les problèmes de sécurité, j'ai senti qu'on les a survolés ».

Elle poursuit : « Tout ce qui protège la femme au plan régional et international, le Cameroun a signé et ratifié. Mais internalisé, non. Et nous, on voudrait, à cette occasion où les élections se peaufinent, rappeler à la mémoire de tous ceux qui veulent s'engager à diriger le Cameroun, qu'ils ne peuvent pas mettre de côté les questions de 52 % de leur population. »

Pierrette Memong conclut : « Il y a un programme à mettre en oeuvre et on voudrait que, même si dans le discours électoral ça n'a pas été préparé, qu'ils en prennent compte, quand ils seront élus. Mon appel, c'est que toutes les femmes aillent voter. Si nous versons dans l'abstention, jamais nous ne serons visibles. »

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