Togo: Plus de 3 000 décès par an, la Ligue togolaise contre le cancer tire la sonnette d'alarme

6 Octobre 2025

La Ligue togolaise contre le cancer (LTC) a lancé lundi un appel pressant aux autorités et à la population dans le cadre de la campagne « Octobre Rose », consacrée chaque année à la lutte contre le cancer du sein et les cancers féminins.

Chaque année, plus de 5 000 nouveaux cas de cancer sont enregistrés et plus de 3 000 personnes en décèdent, selon la LTC. Parmi ces victimes, la moitié sont des femmes, soit quatre décès féminins par jour.

Le cancer du sein représente 27 % de l'ensemble des cas détectés et demeure la première cause de mortalité chez les femmes, suivi du cancer du col de l'utérus.

Chaque année, 973 cas de cancer du sein sont recensés pour 584 décès, tandis que le cancer du col de l'utérus cause 334 morts sur 511 cas détectés.

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Face à cette situation préoccupante, Stéphane Doméfa Awuity, président de la LTC, appelle à un sursaut collectif et à une action urgente des pouvoirs publics.

« Même si la lutte a avancé ces dernières années, nous avons encore du chemin à faire. Nous devons franchir un cap qualitatif pour que le Togo rejoigne le niveau d'engagement d'autres pays de la sous-région », a-t-il déclaré.

M. Awuity cite en exemple le Sénégal, qui a équipé ses hôpitaux publics en appareils de radiothérapie et intégré de nouvelles molécules thérapeutiques dans son protocole national de prise en charge.

Des efforts similaires ont également été entrepris au Ghana, au Burkina Faso et au Bénin.

« Le Togo peut gagner cette bataille, nous le pouvons. Si d'autres pays ont pu agir et innover, le Togo n'est pas un mauvais élève », a-t-il ajouté.

Des propositions concrètes pour faire reculer la maladie

Pour inverser la tendance, la LTC formule plusieurs recommandations prioritaires :

La création d'un Fonds national de solidarité contre le cancer, financé par l'État et ses partenaires ;

La subvention complète du traitement des cancers pédiatriques ;

La gratuité ou la réduction du coût du dépistage, aujourd'hui assuré à tarif réduit grâce à des initiatives bénévoles ;

L'inclusion de la chimiothérapie dans l'Assurance Maladie Universelle (AMU), dont le coût actuel oscille entre 300 000 et 500 000 francs CFA par séance, avec une dizaine de séances nécessaires par patient.

Les responsables de la LTC ont récemment été reçus par le ministre de la Santé, qui a pris connaissance de leurs propositions.

« Nous avons été rassurés. Nous devons faire quelque chose et nous pouvons y arriver », a affirmé Stéphane Doméfa Awuity.

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