Un nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) révèle une diminution significative du nombre de fumeurs dans le monde, passé de 1,38 milliard en 2000 à 1,2 milliard en 2024.
Intitulé « Rapport mondial de l’OMS sur les tendances de la prévalence du tabagisme 2000-2024 et projections 2025-2030 », le document met en lumière les progrès réalisés vers la réduction de 30 % du tabagisme d’ici 2025, conformément à la cible 3.a des Objectifs de développement durable (ODD) et au Plan d’action mondial de l’OMS contre les maladies non transmissibles (MNT).
Selon l’OMS, depuis 2010, le nombre de personnes consommant du tabac a diminué de 120 millions, soit une baisse relative de 27 %. « Pourtant, le tabac continue de rendre un adulte sur cinq dépendant à la nicotine dans le monde, à l’origine de millions de décès évitables chaque année », souligne l’agence onusienne.
L’Afrique sur la bonne voie malgré une hausse du nombre absolu de fumeurs
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La région africaine enregistre la prévalence la plus faible au monde, avec 9,5 % de fumeurs en 2024, et demeure sur la bonne trajectoire pour atteindre l’objectif de réduction de 30 %. Toutefois, la croissance démographique fait augmenter le nombre total de fumeurs sur le continent.
Le Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est félicité de ces progrès, soulignant que « des millions de personnes arrêtent ou ne commencent pas à fumer grâce aux efforts de lutte antitabac déployés dans le monde ».
Il a toutefois mis en garde contre la riposte de l’industrie du tabac, qui cible les jeunes à travers de nouveaux produits à base de nicotine.
L’OMS appelle ainsi les gouvernements à accélérer la mise en œuvre des politiques éprouvées de lutte antitabac, notamment le paquet MPOWER et la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac.
L’OMS alerte sur les nouveaux produits à base de nicotine
L’organisation recommande également de Fermer les échappatoires réglementaires utilisées pour cibler les enfants ; de réglementer strictement les cigarettes électroniques et produits similaires ; d’augmenter les taxes sur le tabac, interdire la publicité ; de renforcer les services de sevrage pour aider davantage de fumeurs à arrêter.
Pour la première fois, l’OMS estime à plus de 100 millions le nombre de personnes utilisant des cigarettes électroniques. Parmi elles 86 millions d’adultes, principalement dans les pays à revenu élevé ; 15 millions d’adolescents âgés de 13 à 15 ans, soit des enfants neuf fois plus susceptibles de vapoter que les adultes dans les pays disposant de données.
Selon l’OMS, l’industrie du tabac multiplie les nouveaux produits tels que les cigarettes électroniques, les sachets de nicotine, ainsi que le tabac chauffé pour maintenir la dépendance à la nicotine.
« Les cigarettes électroniques alimentent une nouvelle vague d’addiction », a alerté Etienne Krug, directeur du Département des déterminants de la santé, de la promotion et de la prévention à l’OMS. « Elles sont présentées comme une alternative moins nocive, mais elles rendent les enfants accros plus tôt et risquent de compromettre des décennies de progrès. »
Les femmes, en tête dans l’arrêt du tabac
Entre 2000 et 2024, la consommation de tabac a reculé chez les deux sexes, mais les femmes ont arrêté plus rapidement. Elles ont atteint dès 2020 l’objectif mondial de réduction de 30 %, avec une prévalence passée de 11 % en 2010 à 6,6 % en 2024. Le nombre de consommatrices est tombé de 277 millions à 206 millions sur la même période.
Chez les hommes, la baisse est plus lente : la prévalence est passée de 41,4 % en 2010 à 32,5 % en 2024, et l’objectif ne devrait être atteint qu’en 2031. Aujourd’hui, plus de quatre fumeurs sur cinq sont des hommes, soit près d’un milliard dans le monde.