Gabon: Du silence autour du cri de détresse d'Annie Flore Batchiellilys

Visiblement, la culture gabonaise a encore un très long chemin à parcourir pour parvenir à s'installer sur ce trône qui l'attend au zénith. Jusqu'en 2025, elle n'apparait toujours pas clairement au coeur des politiques mises en oeuvre dans le pays. Cela, malgré sa diversité qui fait d'elle une culture extraordinairement riche.

C'est peut-être cette absence d'une vision culturelle claire, une véritable politique en faveur du développement de notre culture qui explique la grande indifférence qui gravite autour des larmes que verse actuellement Annie Flore Batchiellilys sur le cadavre de son oeuvre, le Centre Culturel Mighoma.

Financièrement épuisée et en l'absence d'un soutien pour promouvoir les activités de ce projet de portée nationale, la chanteuse tant appréciée à travers notre pays et hors de nos frontières, vient de baisser les stores et mettre la clé sous le paillasson. Cela, sous une indifférence inqualifiable.

Peut-être, si Annie Flore s'était faite enrôlée dans un de ces partis politiques qui appliquent avec une grande dextérité l'art de tricher aux élections, elle aurait obtenu ce soutien tant recherché. Or, certains sont disposés à faire de la politique politicienne, à mentir et tromper, certains autres ne le sont pas car l'honnêteté, la vérité, dominent leurs gènes.

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Hélas, Mighoma a fermé ses portes. En l'absence d'une véritable politique en faveur de notre culture. Celle-ci se résumant désormais à quelques artistes (chanteurs) qui font la promotion du gangstérisme et autres violations des moeurs.

Que de tristesse ! Que dire à cette jeunesse en mal de bibliothèques dignes de ce nom ? Comment expliquer à un enfant qu'une harpe ou un balafon est plus lié à sa culture que les fables de La Fontaine qu'on lui impose à l'école ? Comment motiver un jeune à la plume très talentueuse à devenir écrivain lorsque les écrivains qu'il connaît sont au bas de l'échelle sociale ?

Ailleurs, les nouvelles puissances mondiales dont la Chine ont mis leur culture au centre de leur politique de développement. Conscientes qu'aucun développement véritable n'est possible à un peuple qui n'applique pas des politiques inhérentes à sa culture, à son âme.

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