Cameroun: Intimidation électorale à Garoua - La crainte d'une contestation des résultats

7 Octobre 2025

La mise en garde ferme du préfet de la Bénoué contre d'éventuels troubles post-électoraux à Garoua suscite des interrogations sur ses véritables motivations.

Pour de nombreux observateurs politiques, ce communiqué radio intervenant à quelques jours du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025 s'apparente à une tactique d'intimidation préventive. Cette campagne d'intimidation viserait particulièrement les partisans d'Issa Tchiroma, candidat dont la base électorale est historiquement implantée dans cette région, mais s'étendrait également à l'ensemble des Camerounais qui souhaiteraient contester la légitimité des résultats officiels.

Le timing de cette annonce et son langage particulièrement ferme créent un climat de psychose dans le département de la Bénoué. Les menaces de sanctions sévères pour tout acte de vandalisme ou de désordre semblent spécifiquement conçues pour décourager toute forme de contestation des résultats qui pourrait suivre la proclamation du Conseil constitutionnel. Cette approche préemptive interroge sur la confiance que les autorités accordent elles-mêmes à la transparence du processus électoral en cours. La stratégie consiste manifestement à anticiper et étouffer dans l'oeuf toute velléité de protestation populaire, créant ainsi un climat de peur propice au maintien de l'ordre établi.

Cette situation révèle les tensions sous-jacentes qui caractérisent cette période électorale particulièrement sensible au Cameroun. En ciblant indirectement les sympathisants d'Issa Tchiroma, les autorités administratives semblent vouloir tester la détermination de l'opposition et de ses supporters. Le message est clair : toute tentative de remettre en cause la légitimité des futures décisions du Conseil constitutionnel sera réprimée avec la plus grande fermeté. Cette stratégie de pression politique soulève des questions fondamentales sur l'état des libertés démocratiques et le droit à la contestation pacifique dans le contexte camerounais actuel.

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