Ile Maurice: Les consommateurs digèrent mal la hausse des prix

Depuis le 1er octobre, les amateurs de rotis et de dholl puris doivent débourser un peu plus pour leurs en-cas favoris. Les prix ont grimpé dans plusieurs points de vente. Une hausse qui, selon de nombreux commerçants, était inévitable face à l'augmentation du coût des grains secs, principal ingrédient du célèbre dholl puri, malgré la récente baisse du prix de la farine et de l'huile.

À Port-Louis, Seeven Ramasawmy, vendeur depuis 15 ans, maintient pourtant ses prix. «Mo vann li Rs 20 mem avek Morisien, parski mo pena fre gro pwa ni fre delwil ni travayer», explique-t-il. Travaillant seul et uniquement sur commande, il dit pouvoir absorber les coûts sans pénaliser sa clientèle fidèle. Mais d'autres n'ont pas cette marge de manoeuvre. Raj, vendeur dans le centre de la capitale, confirme que son patron a dû réajuster les prix de Rs 20 à Rs 25 : «Le prix des grains secs a beaucoup augmenté, nou bizin res rantab.»

Certains commerçants, comme Dikshit Ramsahye Maraz, dont la famille tient un commerce depuis 1963, affirment toutefois ne pas avoir modifié leurs tarifs. «Nou pe opere mem kouma avan, malgre bann nouvo regleman», dit-il, confiant que la fidélité de la clientèle et la gestion serrée des coûts leur permettent de tenir. Du côté des consommateurs, les réactions varient entre résignation et compréhension. Brian, croisé près d'un marchand de roti, ne compte pas changer ses habitudes : «Se enn zafer ki mo manze sak zour. Li ankor aksesib, mem si pri finn ogmante.»

Mais pour Jayen Chellum, secrétaire général de l'Association des consommateurs de l'île Maurice, cette nouvelle hausse reflète un déséquilibre plus large du marché alimentaire : «Dholl puri, roti, huile... les prix montent de manière exagérée. L'huile, par exemple, a connu plusieurs variations, mais au final, elle n'a jamais vraiment baissé. Le gouvernement doit agir, surtout quand certains produits sont déjà subventionnés.»

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