Congo-Kinshasa: La condamnation à mort de Joseph Kabila «ne va pas servir le pays», prévient la Conférence épiscopale

Évêques de la CENCO (archives)

En République démocratique du Congo, la Conférence épiscopale nationale (Cenco) s'est déclarée ce 6 octobre 2025 « horrifiée par le verdict de la Haute Cour militaire de Kinshasa à l'issue du procès pénal expéditif engagé contre le président honoraire Joseph Kabila, le condamnant à la peine de mort ». Ce mardi, le secrétaire général de la Cenco souligne qu'une « condamnation à mort d'un acteur majeur qui peut aussi contribuer à la recherche » de la cohésion en RDC, « ne va pas servir le pays ».

En République démocratique du Congo (RDC), la Conférence épiscopale nationale (Cenco) se dit horrifiée par le verdict contre l'ex-président du pays, Joseph Kabila (2001-2019). Ce dernier a été condamné la semaine précédente à la peine de mort pour notamment « trahison » et « crimes de guerre », par la Haute Cour militaire de Kinshasa.

Justice pour les uns, mascarade pour les autres : le verdict divise. Pour Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco, la peine de mort est une violation du droit à la vie défendue par l'Église. « Ce n'est pas parce que c'est la personne du président honoraire Kabila, prévient-il au micro d'Alexandra Brangeon. C'est parce que là, vraiment, c'est une position politique qui va à l'encontre d'un principe sacro-saint de la doctrine de l'Église ».

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Il rappelle : « En 2024, quand le ministre de la Justice a fait publier l'instruction suspendant le moratoire sur l'application de la peine de mort, la Cenco avait réagi. Il n'était pas question du président Kabila. Dieu est l'auteur de la vie et lui seul a l'autorité légitime sur son commencement et sa fin. C'est vraiment quelque chose que nous ne pouvons pas accepter. »

Monseigneur Donatien Nshole poursuit : « Et puis, dans le contexte actuel où nous sommes appelés à renforcer la cohésion nationale, les évêques ont parlé en des termes très polis en évoquant un jugement pénal expéditif. Donc, dans ce contexte, ça ne sert pas le pays. Ça le dessert parce que nous sommes en train de travailler à un dialogue inclusif que nous estimons plus qu'urgent maintenant. Donc, une condamnation à mort d'un acteur majeur qui peut aussi contribuer à la recherche de la solution, ça ne va pas servir le pays. »

L'ex-président de la RDC a été condamné à mort le 30 septembre au terme d'un procès par contumace, devant la justice militaire du pays où il ne réside plus depuis deux ans

Âgé de 54 ans, Joseph Kabila, qui n'était pas présent à son procès dans la capitale Kinshasa et n'y était pas non plus représenté, a été reconnu coupable de complicité avec le groupe politico-militaire AFC/M23.

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