La Banque mondiale a publié l’édition d’octobre 2025 de son rapport Africa’s Pulse, dans lequel elle souligne que la croissance économique en Afrique subsaharienne se poursuit malgré un contexte mondial marqué par de fortes incertitudes politiques. Intitulé « Comment créer des emplois en Afrique », le rapport met en lumière l’urgence de générer des opportunités professionnelles, dans une région confrontée à une expansion démographique rapide.
Selon le document, l’Afrique subsaharienne connaît actuellement la transformation démographique la plus marquante et la plus rapide du monde. Entre 2025 et 2050, sa population en âge de travailler devrait augmenter de plus de 620 millions de personnes, une hausse supérieure à celle de toute autre région en développement.
Cette dynamique démographique représentera plus des trois quarts de l’augmentation nette enregistrée dans l’ensemble des marchés émergents et des économies en développement. Elle intervient toutefois dans un contexte difficile, marqué par des conflits persistants, les effets croissants du changement climatique et la fragilité des finances publiques.
Face à cette situation, le rapport souligne l’ampleur du défi pour les pays de la région : il s’agit non seulement d’accélérer la création d’emplois pour absorber une population active en forte croissance, mais aussi de s’assurer que ces emplois soient plus stables, mieux rémunérés et offrent de réelles perspectives.
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Le taux d’activité en Afrique subsaharienne reste parmi les plus élevés du monde, atteignant 75 % chez les hommes et 65 % chez les femmes de 15 ans et plus. Pourtant, la majorité des nouveaux entrants sur le marché du travail rejoignent des secteurs informels, caractérisés par une faible productivité et des perspectives limitées en matière de revenus, de réduction de la pauvreté et de mobilité sociale.
Les emplois salariés, considérés comme plus stables et mieux encadrés, ne représentent aujourd’hui que 24 % de l’ensemble des emplois dans la région, et cette proportion est encore plus faible si l’on exclut l’Afrique australe.
Le rapport souligne également que les modèles économiques actuels peinent à générer des emplois salariés : une croissance de 1 point de pourcentage du PIB ne se traduit en moyenne que par une augmentation de 0,04 point du nombre d’emplois salariés. Ce décalage met en évidence la nécessité urgente d’un nouveau modèle de croissance, plus inclusif, fondé sur l’amélioration de la productivité et la création d’emplois de qualité.
Selon la Banque mondiale, cette transformation passe par le développement de systèmes de production mieux structurés, reposant notamment sur une plus grande part de moyennes et grandes entreprises, capables de générer des économies d’échelle et de proposer des emplois spécialisés et mieux rémunérés.
Aujourd’hui, 73 % des emplois sont concentrés dans des unités indépendantes ou familiales, de petite taille, souvent informelles. Ce manque de taille critique et d’efficacité limite la productivité et freine la création d’emplois formels à grande échelle.
Pour relever ces défis, le rapport recommande d’agir sur plusieurs leviers : améliorer les infrastructures essentielles, renforcer les compétences de la main-d’œuvre, instaurer un climat des affaires plus favorable, et renforcer les capacités des États et de leurs institutions.
La Banque mondiale conclut que la capacité de l’Afrique subsaharienne à créer massivement des emplois dépendra de sa volonté à surmonter les contraintes structurelles qui freinent encore le développement de son secteur privé.
