Addis-Abeba — L'élaboration de politiques ambitieuses en matière de fiscalité et de gestion des finances publiques ne suffit pas à garantir des résultats tangibles.
Leur impact réel dépend avant tout d'une mise en oeuvre efficace, de capacités institutionnelles solides et d'un engagement politique durable, a souligné aujourd'hui la ministre éthiopienne des Recettes, Aynalem Nigussie.
Lors de l'ouverture du 11e Sommet des think tanks africains à Addis-Abeba, elle a rappelé que l'expérience montre systématiquement que les seules politiques ne suffisent pas.
Selon elle, l'Afrique a besoin non seulement de décisions politiques ambitieuses, mais aussi de mesures concrètes permettant de transformer ces réformes en résultats palpables.
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En réduisant l'écart entre l'engagement politique et sa mise en oeuvre concrète, le continent peut renforcer sa gouvernance économique, accroître la confiance des citoyens dans ses institutions et bâtir un système de gestion des finances publiques solide et efficace.
La ministre a insisté sur l'importance d'une mobilisation efficace des recettes intérieures, indispensable pour financer durablement les services sociaux essentiels et des secteurs productifs comme les transports, l'énergie, l'agriculture et l'innovation numérique, moteurs d'une croissance inclusive et d'une transformation durable.
« Une gestion rigoureuse des finances publiques et la mobilisation des ressources domestiques sont des piliers de la souveraineté économique. Il est crucial pour l'Afrique de passer résolument de la politique à l'action et de la dépendance à l'autonomie », a ajouté Aynalem Nigussie.
Elle a rappelé que l'Éthiopie investit depuis plusieurs années de manière stratégique et soutenue dans le renforcement de son système de gestion des finances publiques.
Pour Mamadou Biteye, Secrétaire exécutif de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF), l'écart entre objectifs politiques et résultats concrets illustre les défis majeurs de la mise en oeuvre.
Selon lui, le renforcement de la confiance citoyenne, l'amélioration de la prestation de services et le développement des capacités administratives sont tout aussi essentiels que les réformes législatives et politiques. La mobilisation des ressources intérieures n'est pas seulement une question économique, mais aussi une question de souveraineté, de dignité et de liberté, a-t-il précisé.
Zadig Abraha, président de l'African Leadership Excellence Academy, a souligné que le rôle d'un think tank se révèle lorsque les données deviennent des orientations, la recherche se transforme en solutions et la réflexion en actions concrètes.
Ce sommet de trois jours, placé sous le thème « De la fiscalité à l'action : rapprocher les politiques et la mise en oeuvre de la gestion des finances publiques en Afrique », permettra aux participants d'échanger sur les moyens de combler le fossé entre politiques et mise en oeuvre.
Les discussions porteront également sur des enjeux contemporains tels que la fiscalité numérique, la viabilité de la dette, la budgétisation sensible au genre et l'engagement citoyen.