Mali: La crise du carburant perturbe la capitale Bamako

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Les attaques et blocages de routes par des djihadistes ont créé une situation de pénurie d'essence dans de nombreuses villes du Mali, dont Bamako.

Depuis le début de la semaine, Bamako, à l'instar des autres grandes villes du Mali, subit une pénurie du carburant et la plupart des stations-services étaient fermées.

La situation semble s'être un peu améliorée ce mercredi (08.10), mais des files interminables de conducteurs de motos et de voitures sont visibles devant les pompes à essence encore ouvertes.

Cette situation est la conséquence du blocus imposé par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, le Jnim, qui attaque notamment les camions-citernes.

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Se déplacer avec sa moto... à pied

La DW a suivi un conducteur de mototaxi qui nous raconte comment il vit cette crise. Aboubacar est un ancien cireur de chaussures qui est devenu mototaxi depuis un peu plus d'un an.

Ce jeune originaire de la région de Ségou, dans le centre du pays, traverse tous les jours Bamako, avec ses clients.

Lorsque nous le croisons, il explique n'avoir pas dormi depuis bientôt 24 heures.

"J"ai dû pousser ma moto du rond-point du quartier Banconi, à l'ambassade d'Algérie, situé à Daoudabougou, à la recherche de carburant, explique-t-il. Le trajet à pied m'a coûté plus de trois heures, soit de 23 heures à 2 heures du matin. J'ai finalement pu avoir deux litres d'essence avec les revendeurs à 3 000 francs, au lieu de 1 650 francs CFA. C'est avec cela que je tournais. Je viens de l'épuiser".

Arrivée de camions-citernes à Bamako

Aboubacar travaille chaque soir à partir de 18 heures, du lundi au samedi, jusqu'au petit matin. Il avoue gagner sa vie à travers cette activité, avec un gain quotidien oscillant entre 10.000 et 15.000 francs CFA. "Je n'ai jamais vécu pareille situation depuis que j'ai commencé à conduire une mototaxi, déplore Aboubacar. J'invite les autorités à trouver des solutions urgentes à cette crise, pour le bien de tous".

Mardi, plusieurs dizaines de camions-citernes sont arrivés à Bamako, sous escorte militaire. Souleymane Djitteye, de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence, affirme, pour sa part, qu'il y a "suffisamment de carburant pour tenir pendant un certain nombre de jours". Sans plus de précisions.

Une déclaration qui jette le doute parmi un grand nombre de Maliens. Toutefois, ce mercredi, de nombreuses stations-services de Bamako ont commencé à rouvrir, après 48 heures d'arrêt.

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