La tension est à son comble dans la Corne de l'Afrique. Le gouvernement éthiopien a formulé de très graves accusations à l'encontre de l'Érythrée, affirmant qu'Asmara se « prépare activement à une guerre » contre son voisin et multiplie les tentatives de déstabilisation régionale.
L'Éthiopie alerte l'ONU
Selon une dépêche d' Africa Radio , l'Éthiopie a officiellement alerté la communauté internationale en adressant une lettre au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. Dans ce courrier, le ministère éthiopien des Affaires étrangères accuse l'Érythrée et une « faction extrémiste du TPLF » (Front de libération du Peuple du Tigré) de se « préparer activement à une guerre contre l'Éthiopie » et de vouloir la « déstabiliser et fragmenter ».
Les accusations se précisent, car Addis-Abeba affirme que ses voisins financent, mobilisent et dirigent des groupes armés en région Amhara, où l'armée fédérale est déjà confrontée à des rebelles.
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Pour l'Éthiopie, l'Érythrée est le « principal artisan de ces activités néfastes ». Le gouvernement éthiopien souligne que la « collusion entre le gouvernement érythréen et le TPLF est devenue plus évidente ces derniers mois ».
Contexte historique et régional
L'ensemble de ces accusations met en lumière les défis frontaliers persistants et l'instabilité sécuritaire récurrente entre les deux pays, comme le notait déjà TV5MONDE Afrique en couvrant la situation.
La situation actuelle contredit l'esprit de l'accord de paix signé en 2018, qui avait mis fin à la guerre sanglante de 1998-2000. L'indépendance de l'Érythrée en 1993 avait déjà marqué l'histoire des deux pays par des décennies de rivalités et de conflits frontaliers. Africanews souligne que cette escalade pèse lourdement sur la stabilité de la Corne de l'Afrique.
L'évolution de cette crise diplomatique est scrutée de près, d'autant que le président érythréen Issaias Afwerki avait précédemment qualifié d '« irréfléchies » les ambitions maritimes d'Addis-Abeba, un autre point de friction majeur entre les deux capitales.
