Le Secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho), Mamadou Seck, et le fondateur de l'Afrikajom Center, Alioune Tine, ont salué cette mise en branle de la justice, suite au démarrage des auditions des victimes des violences politiques (2021-2024). Toutefois, ils ont insisté sur la nécessité d'une enquête « menée avec sérénité et impartialité », seule garantie pour faire triompher la vérité et la justice, gages de réconciliation et de renforcement de l'unité nationale.
Le démarrage effectif hier, vendredi 3 octobre 2025, des auditions des victimes et des familles ayant perdu des proches lors des violences politiques survenues entre 2021 et 2024 n'a pas laissé indifférents certains défenseurs des droits humains au Sénégal. Parmi eux, le Secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho), Mamadou Seck, et le fondateur de l'Afrikajom Center, Alioune Tine.
Interrogés par Sud Quotidien, Mamadou Seck, successeur de Sadikh Niasse à la tête de la Raddho, a salué le lancement des auditions menées par la Section de recherches (SR) de la Gendarmerie de Colobane et la Division des investigations criminelles (DIC).
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«Tous les Sénégalais attendent que justice soit rendue aux victimes des événements politiques survenus entre mars 2021 et mars 2024», a-t-il déclaré, rappelant que cette période a été marquée par «une situation inédite : des violences dans l'espace public, attribuées aux pouvoirs publics, qui ont causé entre 80 et 83 décès, selon les estimations».
«À ces pertes humaines se sont ajoutées des cas de torture, d'exactions, de traitements inhumains et dégradants, ainsi que des arrestations arbitraires. De nombreux citoyens ont été interpellés uniquement parce qu'ils exprimaient des opinions contraires à celles du pouvoir. Ils ont été détenus pendant de longs mois, certains huit mois, d'autres plus d'une année, sans jamais être présentés à un juge ni bénéficier d'un procès équitable», a notamment tenu à rappeler Mamadou Seck, tout en insistant sur la nécessité du «respect de la présomption d'innocence des personnes indexées», a-t-il encore déploré.
Mamadou Seck a toutefois insisté sur la nécessité d'une enquête «menée avec sérénité et impartialité», en relevant que «les personnes indexées ne sont pas forcément coupables» et doivent bénéficier de la présomption d'innocence. Il a aussi appelé à poursuivre non seulement les exécutants, mais également les commanditaires, estimant que «les violences de 2021 à 2024 ont été soigneusement planifiées».
Dans le même esprit, Alioune Tine, président fondateur d'Afrikajom Center, a salué la mobilisation et l'engagement de Pape Abdoulaye Touré, symbole, selon lui, de la lutte contre l'impunité. «Par son obstination, il a mobilisé l'opinion nationale et internationale autour de son cas et de celui des victimes, tout en créant l'Initiative zéro impunité (IZI).
Sa convocation marque le début d'investigations longtemps attendues», a déclaré l'Expert indépendant de l'ONU sur la situation des droits de l'homme au Mali qui n'a pas également manqué de saluer l'action de l'actuelle ministre de la Justice, Yassine Fall, pour, dit-il, «avoir rapidement ouvert ces enquêtes sur les événements de 2021-2024».
Sous ce rapport, M. Tine a souligné que la société sénégalaise attend de la justice qu'elle «établisse la vérité et garantisse des procès équitables, dans le respect des droits fondamentaux et de la présomption d'innocence». «Cette étape cruciale mettra à l'épreuve l'État de droit, les Forces de sécurité et la justice, appelés à démontrer professionnalisme et impartialité. Jamais le peuple sénégalais, surtout sa jeunesse, n'a exprimé avec autant de force sa soif de justice», a-t-il poursuivi.
Le président fondateur d'Afrikajom Center de conclure : «cette épreuve nationale appelle au sens des responsabilités de tous les acteurs, afin de rétablir équilibre et sérénité. Après la vérité et la justice viendra le temps de la réconciliation et du renforcement de l'unité nationale, pour extirper les ressentiments et la haine encore présents».