Sénégal: Limogeage du chef de la Dic et du commissaire spécial de l'Aibd suite à l'affaire Madiambal « Une mesure conservatoire qui aurait dû attendre un peu »

Commissaire de police à la retraite, proche de l'actuel régime, Boubacar Sadio a livré son avis sur la mesure conservatoire prise par le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique à l'encontre du chef de la Division des investigations criminelles (DIC) et du commissaire spécial de l'Aéroport international Blaise-Diagne (AIBD), tous deux relevés de leurs fonctions à la suite de l'évasion du territoire de Madiambal Diagne, pourtant visé par un avis de recherche et une interdiction de sortie du territoire délivrés par la justice.

Invité de l'émission Objection sur la radio Sud FM, dimanche 5 octobre, l'actuel président du Conseil de surveillance de l'Agence nationale de la sécurité routière (Anaser) a estimé que cette décision relevait d'une « mesure conservatoire ». Toutefois, il a admis que l'autorité aurait pu attendre les conclusions d'une enquête afin de situer les responsabilités dans cette fuite avant de prendre une telle décision.

« Si le chef de la Brigade spéciale de l'aéroport a effectivement reçu les instructions telles que précisées dans le communiqué du ministre de l'Intérieur, il aurait dû prendre les mesures nécessaires pour empêcher Madiambal de disparaître dans la nature. Il aurait pu le relâcher, certes, mais tout en organisant une filature », a déclaré Boubacar Sadio, avant de faire remarquer :« Son limogeage, ainsi que celui du chef de la DIC, constitue peut-être une mesure conservatoire, le temps de mener une enquête. Mais on aurait pu attendre un peu. »

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Mieux ajoute l'ancien commissaire, « si l'enquête établit qu'ils n'ont aucune responsabilité dans ce qui s'est passé, il faudra les réhabiliter. » Par ailleurs, analysant le dispositif sécuritaire du territoire, l'ancien responsable de la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar a invité les autorités à renforcer les moyens pour assurer un maillage plus serré, un rapprochement des postes de sécurité, ainsi que des outils de contrôle mieux adaptés. Car selon lui,« il existe des points de passage officiels où le travail se fait correctement, mais aussi des points de passage non officiels, des chemins que certains peuvent emprunter et qui relient des hameaux situés au Sénégal à d'autres du côté gambien. »

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