Cote d'Ivoire: Adjoua Henriette Lagou - L'Abla Pokou des temps modernes

10 Octobre 2025

De lignée royale, Henriette Lagou est, à n'en point douter, le symbole d'un leadership féminin qui entend occuper, pour la première fois en Côte d'Ivoire, le fauteuil de Président.

En Côte d'Ivoire et au-delà de ses frontières, l'histoire de la Reine Abla Pokou est bien connue ! C'est une légende des temps anciens qui a sauvé son peuple. Et l'a conduit, ensuite, vers de nouveaux horizons, vers un destin prospère. Bien entendu, avec maestria, détermination et clairvoyance !

En effet, figure emblématique du XVIIIe siècle, cette princesse avait du sang royal qui coulait dans ses veines. Car nièce d'Osei Kofi Tutu I, co-fondateur du puissant royaume ashanti, à Kumasi, au centre du Ghana. Henriette Lagou, postulante à la magistrature suprême, est aussi descendante d'une lignée royale, celle de la famille qui a fondé le village Lagoukro devenu, aujourd'hui, cette grande cité qui porte le nom de Daoukro, au centre de la Côte d'Ivoire. Candidate à la présidentielle, elle est le porte-étendard d'une douzaine de partis politiques.

Son courage...

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À y regarder de près, son parcours se veut fort semblable à celui de la Reine Abla Pokou. Autant dire d'emblée qu'elle est une de ces Abla Pokou des temps modernes, reconnue pour son courage, son intelligence, son sacrifice et son don de soi, vis-à-vis des Ivoiriens.

Ces éléments clés constituent, en réalité, des traits de caractère qui ont fini par forger son âme en lui procurant ce coffre idéal et cette sérénité, pour qu'elle soit, actuellement, cette femme leader qui veut apporter son expertise, sa forte expérience et son savoir-faire à la Nation ivoirienne. Bien sûr, en impactant positivement, leur quotidien !

En effet, son leadership avéré, son amour du prochain et sa détermination face à l'adversité ne sont plus à démontrer. Car à la source de fortes motivations qui font d'elle, cette dame visionnaire qui entend apporter sa pierre à l'édification du navire ivoire.

Dans l'arène politique

En réalité, très vite, la jeune Henriette (âgée, alors de 23 ans) se lance dans l'arène politique en militant au Pdci-Rda, le plus vieux parti politique du pays. Au nom de cette formation, elle a assuré le poste de conseillère municipale dans la commune de Daoukro. C'était de 1996 à 1998. Toujours, au sein de ce parti, la jeune militante a été membre du bureau politique. Ce qui n'était pas du tout donné, étant entendu qu'à la tête de ce parti, et dans ses instances stratégiques, régnaient de vieux loups, caciques du pouvoir et non des moindres !

Courageuse et après avoir assumé pleinement le rôle de conseillère municipale, Henriette Lagou franchit un pas de plus, en se portant, alors, candidate aux élections municipales et départementales. C'était en 2001 ! Mais, le résultat est bien loin d'être à la hauteur de ses attentes. Tout de même, il n'était pas question, par la suite, de s'arrêter en si bon chemin.

Sous le régime Gbagbo, elle fonde, alors, le mouvement politique « Deux millions de filles pour Gbagbo ». Avec comme objectif final d'apporter son grain de sel à Laurent Gbagbo, nouvellement élu Président de la République. Mission bien accomplie, donc !

Ses premières armes

Entre temps, bien avant, elle a eu le temps de faire, aussi, ses premières armes au Palais de la Présidence, auprès du Chef de l'État d'alors, Henri Konan Bédié. Ici, elle est chargée de missions, durant environ 24 mois (1996 à 1998). Là, elle était « de toutes les missions du Président ». Elle voyageait donc régulièrement. Et « effectuait des missions secrètes » pour le Chef de l'Etat, révèle-t-elle dans son roman autobiographique : « Pourquoi pas une femme », paru au début de cette année 2025.

Plus tard, en 2000, sous le régime de l'ancien Président, Laurent Gbagbo, elle fait son entrée au gouvernement. Ministre de la Famille, de la Femme et de l'Enfant, puis ministre des Affaires sociales et des Personnes handicapées (2002). Ce qu'il faut savoir, c'est que ces hautes fonctions sont la conséquence d'un parcours professionnel et universitaire de haut niveau.

Un parcours atypique

En réalité, cette dame au parcours quasiment atypique est diplômée des écoles supérieures de sécurité sociale en Côte d'Ivoire et en France. Elle est aussi diplômée de la prestigieuse École nationale d'administration (Ena) d'où elle sort en tant qu'administrateur des services financiers, option Trésor. Elle devient la conseillère technique du directeur général du Trésor. Au sein de la Cnps, elle gravit les échelons pour devenir, au finish, une des patronnes.

Autres traits de caractère fort semblables à ceux de la Reine Abla Pokou, c'est cette dimension de rassembleuse hors pair et son idéal de la paix. Henriette Lagou est, en effet, animée par des valeurs de rassemblement, d'union et de cohésion sociale. Ainsi, avec cette forte somme d'expériences amassée, au plus haut sommet de l'Etat, c'est à juste raison, qu'elle nourrit l'ambition d'être à la tête du pays. Pour être, demains, ce guide idéal qui devra conduire le peuple de Côte d'Ivoire vers la prospérité, le bonheur et la paix.

Dans la suite logique du poste de conseillère municipale et après avoir effectué un bref passage à la Commission électorale indépendante (Cei), elle se présente aux législatives et postule en tant que conseillère régionale, en 2021, dans sa circonscription de Daoukro en vain. Qu'à cela ne tienne. Car même si à ces différents scrutins, cette dame de fer n'a pu atteindre les objectifs escomptés, jamais elle n'a voulu baisser les bras, encore moins, jeter l'éponge.

Ainsi, après l'enseignante et l'universitaire Jacqueline Oble, en 2010, Henriette Lagou devient, en 2015, la deuxième femme candidate à la présidentielle en Côte d'Ivoire. Dans cette perspective, animée du sentiment de fraternité et de solidarité agissante, elle a été ce moteur qui a propulsé au-devant de la scène politique le Groupement des partenaires politiques pour la paix (Gp-Paix), un rassemblement de douze partis politiques caractérisés par leur position à équidistance des autres partis de gauche ou de droite. C'est-à-dire « d'idéologie centristes ». Cela, avec la certitude qu'il y a « plus à gagner en faisant la paix qu'à se battre en se livrant la guerre ».

Entre temps, il ne faut pas oublier qu'auparavant, Henriette Lagou a mis sur pied, en 2012, son propre politique : le Rpc-Paix. La voie pour le fauteuil présidentiel se trouve ainsi tracé. Mais y parviendra-t-elle, comme l'a fait la reine Abla Pokou ? Wait and see !

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