Ile Maurice: Khushal Lobine plaide pour une rupture

Khushal Lobine a livré une intervention ferme. Tout en s'attaquant aux arguments du leader de l'opposition, Joe Lesjongard, le député a plaidé pour une réforme en profondeur de la profession légale, au-delà du simple titre honorifique en jeu.

Il a rappelé que le texte vise à mettre fin à une situation d'immobilisme depuis 2016 en codifiant la procédure de nomination de Senior Counsels et de Senior Attorneys, tout en rendant le processus plus inclusif. «La profession évolue. Nous avons aujourd'hui des spécialistes en arbitrage, en médiation, en services financiers. Sur 1 500 membres du barreau, seuls quelques centaines pratiquent en cour. Il est donc normal que les non-praticiens puissent aussi être reconnus», a-t-il déclaré.

Répondant à l'argument du leader de l'opposition sur le rôle du président de la République, Khushal Lobine a souligné que la Constitution est claire : sous l'article 64, le chef de l'État agit sur avis du Cabinet et non du seul Premier ministre. Il a accusé son adversaire politique de «déformer les faits» et de «tromper le public».

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Le député a aussi replacé le débat dans un contexte plus large de décolonisation du système judiciaire. En citant l'exemple de l'Inde, où la High Court de Madras a interdit en 2021 l'usage des formules «My Lord» et «My Lady», ainsi que l'Australie et la Nouvelle-Zélande, il a invité le pays à s'interroger sur ses propres pratiques : «Dans une République souveraine, doit-on encore s'accrocher à ces symboles coloniaux ?»

Saluant le courage politique de l'Attorney General, Me Gavin Glover, il a qualifié le projet de loi de «première étape» vers une modernisation du système judiciaire mauricien, en attendant les travaux plus larges de la future Constitutional Review Commission. «Aucun pouvoir de l'État ne doit rester dans une tour d'ivoire», a-t-il lancé, appelant aussi la magistrature à évoluer avec son temps.

Dans une tirade au ton assumé, Khushal Lobine a également dénoncé «certaines résistances provenant de cercles proches de la magistrature», tout en assurant que cette réforme répond à une attente réelle du barreau. «Nous devons aller de l'avant pour rompre avec le passé colonial et ouvrir une nouvelle page de notre République», a-t-il conclu.

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