Madagascar: Crise de régime - Des militaires appellent à la désobéissance et à la démission du président Rajoelina

Les forces armées et l’instauration d’un organe de transition baptisé « Fiadidiana iombonana ho an’ny fanavaozana » ou « Comité collectif pour la rénovation ».
11 Octobre 2025

La crise politique à Madagascar a franchi une étape décisive ce samedi, la contestation populaire s'étant muée en confrontation directe avec le pouvoir. La situation est jugée "confuse" à Antananarivo, et cela a conduit à la suspension des vols de la compagnie Air France vers l'île jusqu'à lundi, selon les informations recueillies par RFI.

L'Armée appelle à la chute du régime

Le tournant majeur de la journée a été le ralliement de soldats aux manifestants. D'après RFI, des groupes de militaires ont rejoint les milliers de manifestants dans les rues d'Antananarivo, notamment autour du lac Anosy.

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Un contingent du CAPSAT (Corps d'Armée des Personnels et des Services Administratifs et Techniques) a même diffusé un appel public à l'insubordination. Des soldats de cette unité ont exhorté leurs pairs de l'armée, de la gendarmerie et de la police à « refuser les ordres de tirer » sur la population, dénonçant la corruption et le manque d'opportunités pour les jeunes.

Le Colonel Mickaël Randrianirina, figure de proue de ce ralliement, a ensuite haussé le ton en direct sur la Place du 13-Mai. S'exprimant auprès de RFI, il a explicitement demandé la démission des autorités : « À tous ceux qui ont envoyé les gendarmes ici, à commencer par le commandant de la gendarmerie, le ministre de la gendarmerie, le Premier ministre, le tout nouveau, et le président de la République : qu'ils quittent le pouvoir. »

Escalade et violence

Le Colonel Randrianirina a également rapporté un violent accrochage survenu plus tôt dans la journée. Selon ses déclarations rapportées par RFI, alors que son unité se dirigeait vers la Place du 13-Mai, un blindé de la gendarmerie aurait fait feu sur leur convoi, entraînant la mort d'un militaire et blessant un journaliste.

Face à cette montée de tension, l'unité militaire rebelle a ordonné à l'ensemble des forces de sécurité malgaches de :

  • Fermer les portails des camps et n'obéir qu'à leurs instructions.
  • Quitter les postes des palais présidentiels d'Iavoloha et d'Ambohitsorohitra.
  • Bloquer l'aéroport international d'Ivato pour empêcher tout aéronef sans distinction de décoller.

Bilan et silence présidentiel

La mobilisation, portée par le collectif de la Gen Z, est à son plus haut niveau. D'après RFI, le Président Rajoelina est resté « muet et absent » toute la journée, et son lieu de séjour n'est pas connu. L'absence visible des forces de l'ordre pro-régime dans le centre de la capitale, signalée en début de soirée, confirme que la pression sur le régime est désormais maximale.

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