Cameroun: Violences électorales - Des intellectuels camerounais craignent la guerre

12 Octobre 2025

Face aux journalistes hier 11 octobre à Yaoundé, ils ont déclaré que le Cameroun devrait continuer d'exister quelle que soit l'issue des élections.

Une énième déclaration est tombée ce 11 à Yaoundé dans le cadre de l'élection présidentielle. La Dynamique citoyenne et Transpartisane pour la Paix, la non-violence et la Justice fait retentir sa voix à la presse nationale et internationale. Sur le panel, on compte le président, Fridolin NKÉ, le conseiller aux affaires politiques et économiques, Dieudonné ESSOMBA, le co-président, MOUSSA Il, le secrétaire général, Abel MOUSSI, et le conseiller à la communication, BOUBA NGOMNA, qui assure la modération à l'occasion.

Face à la montée de tension dans le cadre de cette élection, ces cinq personnalités connues pour leur leadership d'opinion prennent les journalistes à témoin. Ils signent le « manifeste pour la paix, la justice et la non-violence ». Une déclaration qui vaut son pesant d'or, parce que pour eux, « le 12 octobre, le peuple camerounais a de nouveau rendez-vous avec son histoire ». Les électeurs iront aux urnes pour choisir le prochain président de la République.

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La dynamique dit observer avec regret que deux tendances s'opposent sur la question de la crédibilité de cette élection : d'une part, les fidèles partisans du pouvoir en place sont soupçonnés de préparer le tripatouillage des urnes et des fraudes électorales massives, quitte à se servir des forces de défense pour entériner leur forfait ; d'autre part, les opposants aux précédents sont soupçonnés de manipuler l'opinion et l'électorat, et de préparer la proclamation de faux résultats de l'élection, par anticipation, avec le risque de troubles à l'ordre public et d'insurrection populaire.

La dynamique se positionne au milieu des deux forces en présence pour être une sorte de fusible, ou un holiste qui rappelle qu'une nation ne se construit pas sur la violence, mais sur la paix, qui est tout gage de développement et de prospérité. « Le devoir patriotique de notre Dynamique est d'éviter tout scénario catastrophique que préparent, plus ou moins consciemment, les deux forces en présence », indiquent-ils.

Le diagnostic qu'ils ont établi est inquiétant. La source de conflit viendrait de l'interdiction et de la perturbation des réunions et meetings de campagne, des intimidations diverses, du chantage, d'arrestations ciblées, des trafics administratifs, du bourrage des urnes, de la proclamation biaisée des résultats non officiels de l'élection, de l'appel à la contestation des résultats, d'appels à l'insurrection, entre autres.

Face à ces risques, leurs objectifs visent à regrouper des hommes et des femmes, acteurs du processus (en présentiel et en virtuel) ; à conscientiser sur au moins dix risques de violence ; à sensibiliser sur au moins dix méthodes de prévention et de lutte contre ces violences ; à échanger avec les acteurs de terrain sur les différentes méthodes de lutte non violente ; à discuter des principes fondamentaux et des méthodes, et surtout à faire en sorte que la fin du processus électoral se déroule sans violence.

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