Gabon: Élections à répétition, transparence en question - Quand le citoyen devient complice malgré lui

12 Octobre 2025

À peine les bureaux de vote refermés, la polémique enfle à nouveau sur le scrutin gabonais tenu les 27 septembre et 11 octobre 2025. Les promesses de transparence, d'équité et de renouveau n'auront pas suffi à masquer la persistance des failles du système électoral, exposant au grand jour des pratiques bien ancrées mais destructrices pour la démocratie.

Recours massifs, suspensions de scrutin dans plusieurs circonscriptions, listes électorales contestées, achats de vote et transhumance organisées : autant de symptômes d'un mal profond qui gangrène la vie politique gabonaise. Pourtant, une partie des électeurs continue de céder aux sirènes des anciennes méthodes.

Que ce soit par démission, par intérêt personnel ou par simple habitude, trop nombreux sont ceux qui acceptent l'argent ou cèdent aux pressions locales, notamment leur voix à une simple monnaie d'échange, loin de l'idéal démocratique.

Cette contradiction interroge : comment espérer le changement si l'on perpétue, même à contrecoeur, les pratiques qui l'empêchent ? Les candidats et partis ont leur part de responsabilité, mais la société civile ne peut se voiler la face.

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Sans une prise de conscience citoyenne, sans une volonté d'apprendre et d'exercer pleinement son droit de vote, aucun processus transparent ni aucune réforme ne pourra porter ses fruits.

Le Gabon se trouve ainsi à la croisée des chemins : continuer sur la voie d'un électorat passif ou se transformer en peuple acteur, exigeant et responsable.

Le vrai changement ne viendra que lorsque chaque électeur refusera, dans l'isoloir comme dans la vie quotidienne, d'être complice, volontaire ou non, des dérives du passé. C'est ce chemin qui reste à inventer pour bâtir l'alternance et la gouvernance authentique visée tant la nation gabonaise.

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