Madagascar: Manifestations - Prise de la Place du 13 mai avec le CAPSAT

Depuis la matinée du samedi 11 octobre, le calme apparent dans la capitale a volé en éclats.

À Soanierana, le camp Capsat ou Corps d'Armée du Service Administratif et Technique a été le théâtre d'un tournant inattendu. Des militaires de ce camp, menés par les colonels Mickael Randrianirina et Lucien Rabearimanana, ont publiquement déclaré leur soutien au mouvement de rue qui agite Antananarivo depuis plusieurs semaines.

Cette déclaration, prononcée depuis l'intérieur du camp, a eu l'effet d'une onde de choc. Dans les rues de la capitale, les manifestants ont accueilli avec enthousiasme cette prise de position inédite. En début d'après-midi, la hiérarchie militaire a tenté de reprendre la main. Les généraux Jocelyn Rakotoson et Razafitombo ont été dépêchés sur place pour négocier avec la faction du Capsat. Mais les pourparlers ont tourné court.

En fin d'après-midi, la tension est montée d'un cran. Les militaires du Capsat, désormais rejoints par le général Lylyson De René, ont quitté leur camp pour descendre dans la rue aux côtés des manifestants. Ce soutien armé inattendu a bouleversé l'équilibre des forces.

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Les barrages dressés par l'Emmo ou l'État-Major mixte opérationnel, depuis Anosy jusqu'à la Place du 13 mai ont été rapidement levés. Face à la détermination des militaires dissidents, gendarmes et policiers se sont repliés vers leurs camps respectifs, laissant les manifestants accéder à la place symbolique du 13 mai en début de soirée.

Dialogue

Ce basculement a provoqué une onde de choc politique et militaire. La défection partielle du Capsat a non seulement fait sauter le dispositif de maintien de l'ordre, mais a aussi mis à nu les fractures internes au sein des forces armées. Hier dimanche, des généraux de la Gendarmerie ont tenté d'apaiser la situation en publiant une déclaration soulignant leur neutralité et leur volonté de dialogue, tout en montrant patte blanche vis-à-vis des positions prises par les militaires du Capsat.

Depuis samedi matin, une réalité s'est imposée : les militaires ont déserté les rangs de l'Emmo, censés assurer le rétablissement de l'ordre dans la capitale. À Analakely comme à Anosy, seuls les gendarmes et les policiers ont été visibles, témoignant de la recomposition en cours du dispositif sécuritaire.

La descente du Capsat dans la rue marque, une nouvelle fois, un tournant historique dans la crise politique actuelle. En rompant avec la discipline hiérarchique pour se ranger du côté du peuple, une partie de l'armée vient de redessiner les lignes du rapport de force à Antananarivo.

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