Madagascar: Le grand soir, pour un « Ni Dieu, Ni Maître »

La prise par les manifestants de la place du 13 mai à Antananarivo va sûrement couronner la victoire de cette révolte initiée du moins à ses débuts par la « généZ ». Elle signifie en même temps l'effondrement d'un pouvoir tenu de manière ferme par un homme, Andry Rajoelina. Ce dernier supposé indétrônable depuis plus de seize années en alignant des victoires aux élections successives qui se sont déroulées. Mais cette longévité ne saurait cacher un bilan peu reluisant.

L'économie, malgré son slogan préféré « Madagascar tsy maintsy mandroso »( Madagascar doit -impérativement- progresser), malgré les défaillances des différents gouvernants d'avant son arrivée, à redresser une situation en déliquescence, il n'a fait au contraire qu'encore accentuer la gravité du problème économique au point de voir le pays parmi dans le rang des pays les pauvres du monde . Mais il faut savoir raison garder et dire que là où les générations auront à lui reprocher.

D'abord cette dévalorisation criante de l'éducation pendant son règne. L'enseignement n'est plus devenu pour les jeunes l'ascenseur social au profit des petites combines ou pire la fuite à l'étranger. Puis, L'argent est devenu la seule valeur qui compte, durant son règne la corruption est devenue la règle qui prédomine. On ne peut que citer les achats systématiques des voix aux élections. Il faudra du temps pour y remédier et pour s'approcher des normes classiques de la démocratie.

Mais, maintenant, que le mal est fait, qu'est-ce qu'il faut faire ou retenir pour le futur ? N'est -il pas le moment de refonder la société malgache et réfléchir sur le concept de pouvoir. Longtemps le peuple malgache a sacralisé le pouvoir (le Raiamandreny filoha !). Le « Ni dieu Ni maître » devraient les maître-mots.

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Le dirigeant ne doit pas être considéré comme un Dieu qui peut tout faire ou tout donner, la providence en somme. Ou un Maître à qui on tolère les excès comme les punitions qu'ils donnent. Après tout, ils sont des humains comme leurs gouvernés. On ne doit pas aimer ou non les dirigeants mais veiller seulement à ce qu'ils respectent les institutions et s'abstenir de toute charge affective.

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