Le procès intenté à Dominique Seedeeal, alias Darren l'Activiste, a pris fin le 8 octobre en cour intermédiaire. Accusé d'avoir utilisé un dispositif de télécommunication pour diffuser un message jugé offensant, en violation de l'Information and Communication Technologies (ICT) Act, et d'avoir enfreint les conditions de sa liberté sous caution, il a livré sa version des faits avant que la magistrate Keshri Soochit ne planifie son jugement en délibéré au 17 décembre.
Tout remonte au 20 août 2022, lorsque Dominique Seedeeal avait diffusé une vidéo en direct sur Facebook affirmant : «Jagai finn met ladrog kot Akil Bissessur.» Ces propos avaient entraîné son arrestation immédiate par l'assistant commissaire de police (ACP) Dunraz Gangadin, qui sortait alors des Casernes centrales.
À la barre mercredi, Dominique Seedeeal a assumé ses propos, expliquant qu'il agissait en tant qu'un membre de la presse et qu'il détenait une carte de presse de l'International Union of Press Workers. Il a soutenu n'avoir jamais cherché à provoquer de manifestation, précisant qu'aucun attroupement n'avait d'ailleurs eu lieu après sa vidéo.
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La représentante du Directeur des poursuites publiques (DPP), Me Ida Dookhy Rambarun, a néanmoins soutenu que la séquence en question constituait une incitation à la révolte, en violation d'une condition de caution qui lui interdisait toute prise publique de parole sur les réseaux sociaux. L'accusé, lui, a affirmé que cette restriction ne s'appliquait pas à son activité journalistique. Il a aussi dénoncé des pressions subies durant son interrogatoire et déclaré qu'il ne faisait pas confiance à l'Independent Police Complaints Commission pour signaler ces abus.
L'audience a pris un tour plus vif lorsque Me Akil Bissessur, témoin de la défense, est venu confirmer la thèse du planting. Il a relaté son arrestation à Palma et soutenu que la drogue retrouvée chez sa compagne avait été placée par la police. Il a rappelé que ses empreintes et son ADN n'avaient pas été retrouvés sur les sachets saisis, et que les accusations de trafic de drogue contre lui avaient été rayées.
Dans son réquisitoire, la représentante du DPP a estimé que Dominique Seedeeal avait cherché à exploiter les réseaux sociaux pour influencer l'opinion publique, sans disposer d'éléments concrets pour appuyer ses accusations contre le surintendant de police (SP) Ashik Jagai (alors assistant surintendant de police).
Mais pour la défense, représentée par Me Sanjeev Teeluckdharry, il s'agissait d'un exercice légitime de la liberté d'expression. L'avocat a en outre mis en doute la fiabilité des témoins de la poursuite, rappelant que le SP Jagai et l'ACP Gangadin sont eux-mêmes visés par des enquêtes liées au Reward Money.
Reste désormais à savoir si la cour estimera que Dominique Seedeeal a outrepassé les limites de la liberté d'expression ou s'il a simplement dénoncé, à sa manière, des dérives policières qu'il jugeait flagrantes.