Madagascar: Le président Rajolina exfiltré... le général Nanos Mamelison au pouvoir ?

analyse

Après 2 semaines de violentes manifestations de rue, le pouvoir d'Andy Rajolienina est à vau-l'eau. Les contacts téléphoniques, d'internet, et de radio de la présidence de la république étaient coupés.

Des ministres ont avoué à des journalistes présents à Antanarivo, qu'ils ne savaient pas où se trouvait le chef de l'Etat pendant que d'autres disaient qu'il était en un lieu sûr, évoquant un bunker sécurisé.

Pourtant, il avait promis de s'adresser aux Malgaches hier à 19h TU, soit 13 heures locales. Mais c'est en vain que ces derniers ont tendu l'oreille, tourner le regard vers leurs transistors et postes téléviseurs. Le discours présidentiel ne vint pas, pendant que des médias étrangers, notamment français, annonçaient qu'Andry Rajoelina avait été exfiltré du pays par l'armée français.

Parti d'Antanarivo par hélicoptère, il aurait atterri à la base militaire française de la Réunion avant de prendre un vol militaire vers Dubaï... ou une destination inconnue, selon les médias. Une exfiltration qui implique de facto une vacance de pouvoir à Madagascar avec des bruits de bottes qui se rapprochent de la banlieue sud d'Antanarivo au Palais d'Iavoloha, la résidence officielle des chefs d'Etat.

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Ces bruits de bottes ont d'abord résonné dans la cacophonie, laissant craindre des affrontements possibles entre l'armée de terre et la gendarmerie à travers son unité d'élite dénommée CAPSAT. Mais le nouveau commandant qui s'est autoproclamé chef du CAPSAT a été adoubé par la troupe, le ministre de la Défense, le chef d'état-major des armées et une grande partie des officiers de l'armée.

En lieu et place des affrontements interarmes en début d'après-midi d'hier, les différents corps de l'armée et leurs chefs se concertaient sur la conduite à tenir. Au moment où nous mettions sous presse, une déclaration de l'armée malgache était attendue. On n'a pas besoin d'être grand clerc pour comprendre qu'il s'agit d'une proclamation qui viendra sonner l'hallali du régime d'Andry Rajoelina.

Si oui, sauf erreur ou omission, la grande Île connaitrait son 3e coup d'Etat après celui de Didier Ratsiraka en 1974 et celui d'Andy Rajoelina en 2009. Justement ce dernier avait aussi surfé sur une insurrection populaire contre le régime Marc Ravalomanane caractérisé par une mal-gouvernance népotique pour s'emparer du pouvoir avec le soutien de la même unité militaire, CAPSAT. Abandonné par ces alliés militaires d'hier, Andry Rajoelina a subi un revers majeur dans sa tentative de rester au pouvoir lorsque cette puissante unité militaire a soutenu les manifestants exigeant sa démission.

Les nouveaux hommes forts du moment semblent être le général Démosthène Pikulas, le chef d'état-major de l'armée et le nouveau commandant de la gendarmerie, le général Nonos Mbina Mamelison.

L'un et l'autre refusent pour l'instant de parler d'une prise de pouvoir par l'armée, se contentant de dire qu'ils veulent rétablir l'ordre afin que les malgaches puissent continuer de vaquer à leurs occupations. Mais personne n'est dupe, surtout pas le mouvement civil, notamment les jeunes de la Gen Z, fer de lance des manifestions pour demander de l'eau, de l'électricité et des écoles.

Leurs leaders revendiquent d'ores et déjà un Premier ministre civil pour un gouvernement de transition pour une refondation d'une République malgache avec des institutions fortes et une armée gardienne de la paix et soutien du mouvement populaire.

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