Adopté par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA), à sa 1305e réunion tenue le 13 octobre 2025 sur la situation en République de Madagascar.
Le Conseil de paix et de sécurité,
Rappelant la Déclaration solennelle du 50e anniversaire de l'OUA/UA adoptée à Addis-Abeba le 25 mai 2013, et réaffirmant sa détermination à faire taire les armes en Afrique à l'horizon 2030 afin de créer des conditions favorables à la réalisation de la vision de l'UA d'une Afrique intégrée, prospère et en paix, dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur la scène mondiale, ainsi que de l'Agenda 2063 de l'UA ;
Réitérant le principe de tolérance zéro de l'UA à l'égard des changements anticonstitutionnels de gouvernement, conformément à l'article 4(p) de l'Acte constitutif de l'UA ;
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Rappelant également la Déclaration sur le terrorisme et les changements anticonstitutionnels de gouvernement, adoptée par la 16e session extraordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de l'UA tenue à Malabo (Guinée équatoriale), les 27 et 28 mai 2022, la Déclaration sur le cadre de réponse de l'OUA aux changements anticonstitutionnels de gouvernement, adoptée par la 36e session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de l'OUA tenue à Lomé(Togo) du 10 au 12 juillet 2000 ;
Prenant acte des communiqués de presse de S.E. Mahmoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l'UA, publiés les 26 septembre 2025 et 12 octobre 2025, de la déclaration publiée par la présidence de la République de Madagascar et la déclaration publiée le 27 septembre 2025 par le Secrétaire exécutif de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) sur la situation en République de Madagascar ;
Notant l'allocution d'ouverture de S.E. l'Ambassadeur Tebelelo Alfred Boang, Représentant permanent de la République du Botswana auprès de l'UA et Président du CPS pour le mois d'octobre 2025, la communication de S.E. Mahmoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l'UA, la déclaration du représentant de la République de Madagascar, ainsi que les déclarations de S.E. l'Ambassadeur Bankole Adeoye, Commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité et du Représentant spécial du Président de la Commission de l'UA à Madagascar.
Agissant en vertu de l'article 7 de son Protocole, le Conseil de paix et de sécurité :
Agissant en vertu de l'article 7 de son Protocole, le Conseil de paix et de sécurité :
1. Se déclare profondément préoccupé par l'évolution de la situation en République de Madagascar, en particulier par les violentes manifestations qui ont entraîné la destruction de biens et, selon certaines informations, des pertes en vies humaines ;
2. Rejette catégoriquement toute tentative de changement anticonstitutionnel du gouvernement dans le pays ;
3. Appelle avec insistance les manifestants à recourir aux voies légales disponibles pour régler leurs griefs légitimes ;
4. Condamne sans appel toutes les formes de violence et de destruction de biens ; exhorte toutes les parties prenantes malgaches, tant civiles que militaires, à faire preuve de calme et de retenue, à privilégier les solutions pacifiques et consensuelles et à faire passer les intérêts supérieurs de leur pays avant toute considération partisane ;
5. Exhorte toutes les unités des forces armées malgaches à revenir à leur mandat constitutionnel et à s'abstenir de toute ingérence dans les affaires politiques du pays ;
6. Souligne la nécessité pour le gouvernement malgache de remédier de manière globale aux causes structurelles profondes des défis multidimensionnels auxquels le pays est confronté, en adoptant une approche « gouvernementale - pansociétale » qui associe toutes les parties prenantes malgaches essentielles, y compris les femmes et les jeunes ; et appelle au respect total des libertés et droits fondamentaux de tous les citoyens ;
7. Se félicite de l'engagement renouvelé du gouvernement en faveur du dialogue et encourage le gouvernement malgache à organiser d'urgence un dialogue politique inclusif, seule option viable pour apporter des solutions consensuelles et durables aux défis socio-économiques et politiques auxquels le pays est actuellement confronté ; à cet égard, appelle à la dynamisation de la mise en oeuvre de la Feuille de route de 2011 pour mettre un terme à la crise à Madagascar, incorporée dans l'ordonnancement juridique malgache par la loi n° 2011-014 du 13 décembre 2011 ;
8. Demande instamment un soutien coordonné en vue du rétablissement de la paix et de la stabilité à Madagascar sous les auspices de l'UA et de la SADC ; à cet égard, réaffirme l'intégrité territoriale et la souveraineté de la République de Madagascar et appelle avec force à la non-ingérence dans les affaires intérieures de la République de Madagascar ;
9. Recommande au Président de l'Union, avec le soutien du Président de la Commission de l'UA, de dépêcher immédiatement une délégation de haut niveau à Madagascar pour discuter avec les parties prenantes concernées en vue de relever les défis auxquels le pays est confronté ;
10. Demande au Président de la Commission de l'UA de nommer d'urgence un envoyé spécial pour Madagascar, de travailler en étroite collaboration avec le Groupe des Sages et de renforcer le mandat du Bureau de liaison de l'UA à Madagascar en vue de renforcer les efforts de facilitation, de médiation et de stabilisation dans le pays, et ce, en étroite collaboration avec la SADC et la Commission de l'océan Indien ; demande également au Président de la Commission de l'UA de mettre en place un mécanisme de suivi pour soutenir le processus de réconciliation et de dialogue à Madagascar ;
11. Réaffirme l'engagement de l'UA à renforcer davantage la coordination et la collaboration avec la SADC en vue de remédier à la situation en cours à Madagascar ;
12. Souligne la nécessité d'assurer la protection des femmes et des enfants dans le pays ;
13. Souligne l'importance de suivre de près l'évolution de la situation et, à cet égard, demande au Président de la Commission de l'UA de fournir régulièrement au Conseil des informations actualisées sur l'évolution de la situation ;
14. Encourage les États de membres de l'UA à prendre en considération les besoins et les aspirations des jeunes afin de répondre à leurs préoccupations ;
15. Exhorte le gouvernement de la République de Madagascar à coopérer avec l'Union africaine en vue de la mise en oeuvre de la présente décision ; et
16. Décide de rester activement saisi de la question.