Alors que le Gabon cherche à renouveler ses institutions et à bâtir une gouvernance plus transparente et inclusive, une question revient avec insistance : faut-il continuer à tolérer le cumul des fonctions de ministre et de député ?
Aujourd'hui encore, plusieurs membres du gouvernement siègent également à l'Assemblée nationale. Si la Constitution permet qu'un ministre élu conserve son mandat parlementaire tout en le confiant à un suppléant, cette pratique pose question. Car au-delà de la légalité, c'est l'esprit démocratique qui en prend un coup.
« Un frein à l'émergence de nouvelles figures politiques »
En gardant leur statut de député "en veille", les ministres verrouillent l'accès à la représentation nationale, empêchant la montée de nouveaux profils pourtant désireux de servir le peuple. Ce système d'alternance partielle perpétue un entre-soi politique au détriment d'une relève citoyenne.
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« Une double casquette peu compatible »
Être ministre exige une disponibilité et une implication totales dans l'action gouvernementale. Comment, dès lors, prétendre continuer à représenter valablement une circonscription ? La réalité est que les fonctions sont souvent exercées par procuration, éloignant davantage les citoyens de leurs représentants.
« Pour une gouvernance plus ouverte et plus équitable »
Dans un contexte de transition institutionnelle et de quête de légitimité, le Gabon gagnerait à interdire clairement ce type de cumul. Ce serait un signal fort : celui d'un État qui favorise le renouvellement politique, la transparence et la proximité avec les citoyens.
Le temps est peut-être venu d'oser une réforme qui ne remet pas en cause les acquis, mais qui ouvre la voie à une vie politique plus saine, en phase avec les attentes d'une population avide de changement.