Tunisie: Clin d'oeil - Le phénomène des deux-roues prospère et prolifère

13 Octobre 2025

Réponse logique et compréhensible au besoin de se déplacer rapidement et à la contrainte financière entravant l'accès à une voiture, même d'occasion, le recours aux deux-roues (moto, motocyclette, vélomoteur, bicyclette, etc.), se propage rapidement dans la capitale Tunis, contrairement à d'autres villes tunisiennes, Sfax par exemple, où «le phénomène» est beaucoup plus ancien.

Jusqu'à un certain moment, en effet, il n'y avait à Tunis que deux grandes options pour se déplacer : soit en voiture, soit à pied avec une utilisation démocratisée du transport en commun (en difficulté). Rarement, on croisait une mobylette ou un vélo...

Cela explique en partie la quasi-absence dans la capitale de pistes cyclables ou de couloirs réservés aux motos. Même le bas-côté, de qualité visiblement inférieure que la chaussée proprement dite, ne permet pas une circulation fluide de ces moyens de locomotion en ascension.

Aujourd'hui, fréquemment, des motocyclettes, vélomoteurs, motos, avec une, deux, trois et même quatre personnes à bord, utilisent les mêmes voies que les voitures. Ce n'est pas interdit ! Mais ce qui est prohibé et violé, c'est de ne pas porter son casque, ne pas avoir ses papiers en règles, ne pas respecter le code de la route, sans se soucier du danger !

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Pire, certains jeunes usagers, débordant d'énergie de leur état, se faufilent entre les voitures, zigzaguent souvent à toute vitesse, provoquant un stress supplémentaire aux usagers, une pollution sonore par moments, suscitant de nombreux points d'interrogation...

Motocyclette rime aussi, de plus en plus, avec livraison de colis ou de nourriture, voire avec transport payant clandestin : le nouveau phénomène de taxi-moto, qui comble sans doute une carence au niveau des taxis, mais qui ne cadre avec aucune activité légale générant des revenus, un autre chantier à part entière.

La situation étant telle, de récentes statistiques ont montré que le phénomène des deux-roues est responsables de 80% des accidents en Tunisie et représente la première cause de décès sur les routes, 90% ne sont pas assurés et l'excès de vitesse est associé à pas moins de 30% des décès.

Pour un tel phénomène, en pleine expansion, il ne s'agit sans doute pas de s'y opposer, mais plutôt d'encadrer, de contrôler, de sensibiliser et au niveau des infrastructures d'aménager ; à commencer d'abord par appliquer les lois existantes sur le port du casque, la régularisation des papiers et l'apprentissage et le respect du code de la route.

Créer ensuite des garde-fous, genre visite technique, pour vérifier l'état des freins et le bon fonctionnement du moteur.

Un cadre législatif approprié viendrait, enfin, pour compléter le tableau et organiser les activités lucratives utilisant les deux-roues. S'inspirer d'autres expériences en Europe ou en Asie, permettrait éventuellement d'avancer plus vite.. que le «phénomène des deux-roues» !

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