Luanda — La présidente de l'Assemblée nationale, Carolina Cerqueira, a souligné lundi l'importance cruciale de la supervision parlementaire des établissements pénitentiaires, en tant qu'instrument essentiel à la préservation de la démocratie et à la protection des droits humains.
Elle s'exprimait à l'occasion d'un webinaire consultatif organisé par le Forum parlementaire de la Communauté de développement de l'Afrique australe (FP-SADC), dans le cadre du processus d'élaboration de la Loi Modèle sur la Supervision des Établissements Pénitentiaires. L'événement a réuni des présidents de parlements nationaux, des députés et des experts de la région.
Selon Carolina Cerqueira, la supervision des prisons est indispensable pour garantir la reddition de comptes des autorités pénitentiaires et des forces de sécurité, tout en veillant au respect des droits fondamentaux des personnes détenues, en particulier ceux des femmes incarcérées.
La responsable parlementaire a souligné que, grâce à des mécanismes tels que le contrôle budgétaire, la révision des politiques publiques et le pouvoir législatif, les parlementaires ont le devoir de tenir l'exécutif responsable, de prévenir les abus de pouvoir et de promouvoir des réformes structurelles visant à garantir des conditions de détention humaines et dignes.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
« En tant que députée, je ressens le poids de la responsabilité qui nous incombe : faire tout ce qui est en notre pouvoir pour améliorer les conditions de détention des femmes. Si nous ne le faisons pas, nous serons complices des violations des droits humains », a-t-elle déclaré.
Carolina Cerqueira a également mis en lumière l'importance des Règles de Bangkok, adoptées par l'Assemblée générale des Nations Unies en 2010, comme référence fondamentale pour la protection des femmes détenues.
Elle a expliqué que ces règles reconnaissent les besoins spécifiques des femmes dans le système de justice pénale et introduisent des garanties contre les mauvais traitements et la torture.
Toutefois, la Présidente de l'Assemblée nationale a alerté sur le fait que le système de justice pénale demeure essentiellement structuré selon une perspective masculine, ce qui entraîne une incapacité persistante à répondre de manière adéquate aux besoins spécifiques des femmes en détention.
Elle a notamment souligné les carences systémiques en matière de protection contre la violence, de conditions de détention appropriées, ainsi que dans la prise en charge des besoins en santé sexuelle, reproductive et mentale des femmes incarcérées.
Le webinaire organisé par le FP-SADC visait à analyser les lacunes des politiques et législations nationales concernant la situation des femmes détenues, et à renforcer le rôle du contrôle parlementaire en tant qu'outil essentiel au respect des normes internationales des droits humains.